Mardi 20 Octobre

Deux groupes, deux ambiances ! Ce n’est pas la première fois que je le dis, et ce n’est probablement pas la dernière ! Je suis très partagée de ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières séances, dans un sens je me dis qu’on ne sert absolument à rien, dans l’autre sens je me dis qu’on leur offre ce dont ils ont réellement besoin.

La séance de mardi m’a plongé dans une espace de dissonance cognitive … Je n’arrivais pas à me situer par rapport aux événements, et la fatigue ne doit pas arranger cela ! En réalité, je suis arrivée avec un peu d’avance mardi soir, une maman, celle de M-A. était présente : elle voulait savoir s’il était possible de faire du “soutien” à son fils, parce que “ il a 4 de moyenne et je sais plus quoi faire moi !”. Hum …dans un sens c’est triste, 4 en Français en 5ème, c’est qu’il a aucune base ! Et c’est d’autant plus triste que cette mère à l’air totalement désemparée. Pour la première fois, j’ai vu la détresse d’un mère, qui à peur que son enfant échoue.

V. a même proposé à cette mère, des cours particuliers avec moi, “parce que j’ai l’habitude”, mais trop de question se pose. Je n’ai pas refusé sur le coup, et la maman va essayer de faire d’autres démarches, mais comment me situer par rapport à ça ? Comment fixer un tarif quand on sait qu’ils paient 8 euros à l’année ? Comment expliquer aux autres, que je l’aide lui, mais pas eux ? Trop de questions qui restent sans réponse, et qui me laisse penser que si cette mère me recontacte je me verrais dans l’obligation de refuser.

Les garçons ont été exécrables mardi soir, il n’y a pas d’autres mots. Deux d’entre eux ont peut être fait leurs devoirs, et pour les autres, c’est parti dans des comportements bien au-delà de ce que peut faire des personnes civilisées.  Le problème est que j’ai l’impression d’être seul face à ces 15 jeunes.

Dès le début de l’intervention, les garçons ont commencé à se taper, à littéralement faire de la lutte au beau milieu de la salle. Je travaillais avec I. comme d’habitude, mais avec de l’anglais cette fois-ci. J’aurais pu prendre le temps de faire quelque chose, mais j’ai considéré que M. aurait peut être plus d’impact, surtout une capacité plus grande à les séparer. En réalité il a haussé un peu le ton, mais n’a pas été se mettre au milieu donc ça à continuer pendant un bon quart d’heure.

J’ai migré gentiment vers l’autre salle, où était V. en train de “faire des papiers”, pour que I. puisse se concentrer un peu. Un des garçons est venue nous rejoindre pour travailler un peu mais il a eu vite terminé ses exercices. Ensuite, c’est là que tout a dérapé. A. et S. ainsi que Se. ont demandé à Mario s’il était possible pour eux d’aller dehors, et avec leur gueule d’ange M. n’a pas su leur dire non. Nous nous sommes donc retrouvé avec 10 enfants dehors sur 15 : bonne moyenne !

Ils ont donc jouer au loup ….oui au loup pendant l’heure restante, dehors, alors qu’il faisait que quelques degré. Mario a été rejoindre V. dans l’autre salle où il n’y avait plus d’enfants.

Je suis restée avec deux garçons, un deux faisait des maths, je l’ai donc aidé sur cet exercice et l’autre “l’attendait”, mais il était plus dans l’optique de l’aider que de le ralentir ! C’est une chose que je pensais oublier, mais non l’entraide existe belle et bien toujours ! Quand il a eu fini, ils ont été rejoindre les autres dehors, que dire ? Eux avaient pris le temps de travailler, je ne pouvais pas leur refuser !

Mais en quittant la pièce, je leur ai demandé à qui était les affaires sur la table, mais la réponse était presque évidente : A. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai été le chercher dehors, il a d’abord eu une attitude de gros dur, puis m’a dit qu’il avait fini mais en lui répondant que j’avais vérifié dans son agenda, il n’a pas bronché et est rentré pour finir. Je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide, mais il m’a répondu que non, et est resté une quinzaine de minutes pour travailler.

C’est la seule victoire que je peux m’attribuer, au moins il aura fait ses exercices. Pendant tout ce temps, M. et V. ne sont pas venus voir ce qu’il se passait, n’ont pas jeté de coups d’oeil dehors, comme si les jeunes étaient déjà partis. Pendant une quinzaine de minutes, j’ai donc proposé à I. de jouer aux cartes, cette petite est adorable, elle dit oui à tout, donc on a joué un petit peu à la bataille avant que je me rende compte de l’heure : 18h50. La salle était en pétard et nous devions leur dire quelque chose à propos des interventions de la semaine prochaine.

Avec beaucoup de mal, nous avons réussis à les faire entrer, mais l’agitation était tellement importante que je ne suis pas sûr qu’ils aient réellement compris, ou ne serait-ce qu’entendu. Certain ont posé des questions qui sont restées sans réponses de la part de V. Ils sont donc partis, comme des sauvages, littéralement, mais avec tout de même des aux revoirs, à vendredi …C’est déjà ça. Les garçons qui avaient travaillé ont pris plus de temps à partir, comme s’ils voulaient nous remercier, à leur manière. Tout ce fait “à leur manière” de toute façon.

 

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