Lundi 15 octobre

idée de jeux pour ce soir :

  • La bouteille ivre

  • Il était une fois, adapter avec des mots de “société”

 

En réalité ce soir je n’ai pas eu le temps,  et il faut le dire pas vraiment non plus l’envie.  si le groupe de vendredi par leur comportement, leur attitude,  mais aussi leur besoin de ne rien faire, avait montré une envie d’autre chose, de quelque chose de nouveau. Le groupe d’aujourd’hui était totalement sur une autre optique ;  qui, il faut le dire n’est pas plus négative !

Je ne leur en veux pas au contraire, une majorité d’entre eux avait l’envie et le besoin de travailler ;  seulement une, qui depuis le début ne fait pas grand-chose, nous a affirmé qu’elle n’avait rien à faire. On n’est pas là pour faire la police,  alors on fait le choix de laisser passer. Lorsqu’on a demandé au 11 jeunes qui étaient présents ce soir de passer dans l’autre salle s’il voulait travailler, 9 d’entre eux se sont déplacés.

Mais avant cela, il se passa deux choses :

  • La première, c’est la prise d’initiative de V., quant aux  activités qu’elle veut proposer aux jeunes. elle a eu la démarche de demander des prospectus à l’office de tourisme, afin qu’on puisse choisir les choses à mettre en place avec les jeunes.  c’était une bonne idée, mais à la vue des choses qu’elle avait mise en avant, je me suis vite rendue compte, qu’en réalité ce n’est pas leur volonté qui comptait mais la sienne.

Ce soir j’ai pris le temps de lire la liste de choses que les filles avaient placé dans la boîte à idées, des choses très simple à mettre en place apparaissent : Par exemple la cuisine revient sous différente forme, atelier pizza, aller à la crêperie, faire du tiramisu,  l’idée des pique-niques reviens également. et ce sont des choses qui je pense sont tout à fait réalisables. C’est des activités que V. conçoit également. Des activités plus coûteuses, tel que le bowling, le laser game, l’accrobranche sont également présentes. les filles ont également demandé aller faire du shopping, avec une petite mention  “#c’est vous qui payez” : l’idée en elle même est loin d’être absurde, mais la mise en pratique est plus complexe, cela va engendrer des différences extrêmes entre les familles, parce qu’il ne faut pas dire nous n’avons pas que des” pauvres “dans les jeunes …Alors gérer ça, qui n’aime pas réellement le shopping de base, c’est complexe, mais l’idée plait également à V. qui nous a presque fait le plan  et le descriptifs des magasins ou aller ! Donc je considère que cela est acté, tout comme les ateliers cuisines qui seront intégrés à un projet plus grand. S. est passé nous voir ce soir, elles ont longuement parlé des présents et des absents, et de ses fameux projets et sorties à réaliser avec les jeunes : V. a proposé un salon auto-moto pour le weekend prochain, S. lui a répondu sans même prendre le temps de réfléchir, que le délai était trop court.  Dans un sens elle a peut-être raison, dans un autre, certains des jeunes était prêt à y aller : en fait je ne sais pas si cela les intéressent vraiment, s’ils veulent sortir de leur quartier, ou s’ils veulent passer du temps avec nous !

Deux idées qui me semblent à moi, presque parfaites venant des jeunes, c’est bien sur la piscine, et la fête foraine. En comparaison, nous avons aussi eu des proposition de voyage, où l’idée d’aller voir la mer…. chose beaucoup plus complexe.  sur le sujet de la piscine de la fête foraine, V. semble rigide : les raisons qu’elle avance son que si j’ai envie de me les peler avec eux, j’aurai qu’à y aller ! Chose très constructive à dire devant des enfants … je ne suis pas sûr. mais qu’est-ce que ça nous coûte, a nous, de les accompagner à la fête ou à la piscine :  S’il nous le demande à nous, c’est que seuls, ils savent qu’ils n’iront pas. Alors tant qu’à faire des sorties qui ne les intéressent pas, je pense qu’il est bien plus logique, de les suivre sur leurs propres idées, qui en réalité ne coûte pas si cher que ça, et qui leur permettrait de passer du temps, ensemble, en dehors de la cité, avec des gens extérieurs, pour faire des activités différentes :tous les concepts de la socialisation.

  • La deuxième chose qui s’est passé ce soir, à 17h30 tapante,  c’est la venue d’un jeune avec son père : en soi rien de bien extraordinaire,  mais lorsque nous avons demandé au papa de rentrer, le constat a été rapide, il ne parle que très peu le français.

V. a rigolé sur le fait qu’elle était assise, lui nous a répondu qu’il avait aussi très mal au dos, depuis 1998, ça nous l’avons compris,  mais il m’a fallu du temps pour comprendre que c’était à cause de son travail, puisqu’il était éboueur. Le jeune en lui-même est assez calme comparé à la norme,  mais visiblement assez faible du côté scolaire. Le papa nous a bien dit qu’il sortirait à 19h comme d’habitude, mais le jeune nous a demandé s’il était possible pour lui de partir plus tôt.  V. a donc appeler sa mère, qui lui a répondu assez froidement, qu’il fallait qu’il travaille, qu’il avait encore eu une mauvaise note en histoire. Mais je me demande réellement si les parents sont au courant du déroulement de notre intervention : certains des jeunes sont forcés de ivenir, les parents espèrent peut-être que nous les forçons a travaillé, Mais on a no un rôle éducatif, ni un rôle pédagogique :  notre rôle c’est d’accompagner, ce n’est ni de prendre la place de l’enseignant, ni celle des parents. Et pourtant pour certains, comme Se. par exemple, j’ai réellement l’impression, d’avoir un rôle maternel : ça ne me gêne pas, au contraire, mais si je compare mon attitude envers lui, avec mes attitudes que je possède avec les autres, je remarque bien les différences. Ce petit est un ange, et je pense pouvoir dire, que si certains sortent du lot au sein de ces jeunes,  il en fera partie !

Que dire de plus sur ce soir : à partir du moment où nous avons été dans une position de travail,  tout s’est relativement bien passé. Comme d’habitude M. et moi étions dans la petite salle avec les jeunes, qui souhaitaient travailler.  Pendant ce temps V. et S. était de l’autre côté, avec trois ou quatre des filles : résultats, il a fallu passer le balai, car des nouilles chinoises avait été écrasé partout par terre, de l’encre de stylo plume partout sur les tables, et des stylos répondu un peu partout dans la pièce. je ne blâme personne, mais suis à peu près persuadé que tout ce bordel n’aurait pas eu lieu si j’avais été dans la pièce :  malheureusement on ne peut être à 2 endroits à la fois !

avec M., nous en avons discuté plus tard, mais ce soir l’ambiance était très studieuse, deux des garçons ont révisé, l’un des maths l’autre de l’espagnol, le troisième d’entre eux a fait des exercices de physique avec moi.  J’ai également aider une petite à faire des maths, je l’avais déjà aidé sur des exercices de translation, mais les bases de ce concept ne sont toujours pas acquis. Mais le dernier exercice qu’on a fait ensemble ce soir était mieux réussi que les précédents, il y a donc une certaine progression. Cette jeune fille, fait en réalité partie de la “bande”, mais pourtant ce soir elle a été plus calme que d’habitude,comme les garçons d’ailleurs. Il a tous fallu les reprendre, plusieurs fois, à propos du bruit, de certains comportements, l’ensemble rien n’a été fait qui méritait qu’on hausse le ton :  il ne faut pas poser de jugement hâtif, mais cela montre quand même certaines choses :

  • la jeune fille et les exercices de translation, ne m’aurait pas demandé de l’aide ce soir si elle n’avait pas apprécié ma manière d’expliquer jeudi soir.  Enfin ça c’est ce que je crois, c’est eux qui nous demande de l’aide, on se tournant bien vers les personnes concernées, c’est-à-dire les langues, le latin, l’histoire pour M. , et toutes les sciences pour moi.  Cela ne nous empêche pas d’aider un jeune dans d’autres domaines, mais en l’espace de 15 jours, ils ont tous déjà intégré, dans quel domaine on pouvait les aider, avec quelle méthode, et avec quel résultat.

  • Le Petit black,  dont je ne me souviens pas le prénom,  (et ce n’était aucunement péjoratif – tout le monde l’appel comme ça – je ne me permet pas de m’adresser à lui avec ce surnom mais son prénom m’échappe !), m’a fait marcher en me disant qu’il avait eu zéro à son contrôle d’histoire. cela me semblait étrange, certes il ne connaissait pas sa leçon sur le bout des doigts, mais quand même !  En réalité au bout de quelques minutes, il m’a avoué avoir une 12 : j’ai eu un temps de réflexion avant de lui répondre, je n’arrivais pas à percevoir s’il était content, ou non, de ce résultat. je lui ai donc répondu d’une manière assez neutre, que 12 était un résultat très satisfaisants. mais c’est la réaction qu’il a eu plus tard, qui m’a fait comprendre, qu’il était satisfait.  quand je me suis tourné vers un autre jeune pour lui demander s’il avait besoin d’aide, il m’a rappelé à l’ordre, en tapant du poing sur la table, pour me dire, mais “tu m’aides là !!”. dans son intonation, j’ai senti, qu’il avait besoin d’aide pas spécialement, mais qu’il avait besoin d’un soutien, une personne pour lui dire oui, c’est ça, continue. et ce jeune il est bien représentatif des jeunes de la cité : ils savent ce qu’on est capable de leur donner, ils savent ce dont ils ont besoin et c’est eux qui font les démarches pour avancer.

En écrivant cela je me rends compte de l’énormité de la chose : notre dispositif est censé être de l’accompagnement, et c’est sûr qu’on les accompagne … mais en soi l’accompagnement pour moi,c’est quand l’accompagnateur prends un individu par la main et l’aide à construire son chemin. Là c’est totalement différent, et l’individu, qui va se lever, qui va faire la démarche, qui va venir chercher la personne en capacité de l’accompagner. c’est beaucoup plus que de l’accompagnement, en tout cas c’est ce que je ressens.

Ce dont je m’aperçois également, de plus en plus, c’est que je prends extrêmement à cœur le sort de ces jeunes, d’un point de vue scolaire bien évidemment mais bien au-delà. Je suis en train de lire un livre “ terrains sensibles expériences actuelles de l’anthropologie”, un titre un peu barbare mais un contenu vraiment intéressant. Et au sein de ce livre la notion principale exprimée, c’est la complexité de neutraliser les sentiments de tous. Comment, en tant que chercheur, mais simplement en tant qu’acteur social, pouvons-nous prendre en compte la souffrance des individus avec qui on évolue,sans pour autant qu’elle vienne mettre en péril nos analyses ? Je pense que là réside tout le fond d’un problème, comment on doit se placer par rapport à la souffrance, le mal-être, le racisme subit par ces jeunes.

Encore ce soir, une des filles m’expliquait un cas scolaire :  une jeune fille dont le prénom à des consonance arabe, voulais recopier sa leçon d’histoire en cours, puisqu’elle était absente le cours précédent. Le professeur lui a dit que non, qu’elle le ferait chez elle. Jusque-là aucun des élèves n’y voyez un inconvénient. Mais quand une autre jeune fille, a obtenu l’autorisation de son professeur, de recopier sa leçon, alors là le sentiment d’injustice a resurgi. En soi nous n’avons pas tous les éléments, on ne peut pas réellement définir s’il y a acte raciste ou non, et cela importe que. En réalité ce qui est important, c’est la réaction des jeunes.  peut-être que le professeur, à demandé à la jeune fille de recopier son cours chez elle, car cela fait plusieurs fois qu’elle est absente au cours de ce chapitre, et dans ces cas-là l’enseignant avez tout à fait raison. Si la même situation avait été réalisé avec deux Arabes, comme ils disent, Il n’y aurait pas eu d’histoire, l’autre aurait été traité de chouchoute mais l’histoire se serait arrêté là ! mais c’est jeunes ont tellement la sensation d’être exclu de la société, que la moindre petite chose qui pourrait, éventuellement, être du racisme, le devient forcément. Si ces jeunes se sont exclus,  pour des raisons diverses et variées, des raisons culturelles certes, mais également économique, sociales, religieuses…, ils ne sont pas encore conscient du pourquoi. Ils sont exclus ça ils le savent, mais l’origine de l’exclusion, ils n’en n’ont aucune idée, et il est peut-être là le problème : si ces jeunes savaient pourquoi ils étaient traités ainsi, ils auraient les armes pour lutter. mais pour l’instant la seule raison valable qu’ils ont de se sentir exclu, c’est de placer les personnes qui les rejette comme étant raciste.

 

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