17nov

Mardi 6 Novembre

Je redoutais cette intervention, je pense à cette séance depuis le début des vacances, car je ne savais pas du tout comment allez être cette intervention. En réalité, elle s’est déroulée … étrangement mais pas non plus horrible ! En fait, au début de la séance, seul 8 jeunes étaient présents, et pas ceux que […]

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17nov

Lundi 5 Novembre

J’appréhendais un petit peu cette reprise. Le fait de s’être quitté dans des conditions pas vraiment favorable, avait suscité une crainte importante. En réalité, je m’attache beaucoup trop à ces gamins, s’il me demandait la lune, j’irais la décrocher sans hésiter. Je réalise la chance que j’ai eu de grandir au sein de ma famille, […]

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17nov

Vendredi 2 Novembre

J’ai choisi de ne pas écrire le récit du vendredi 17 octobre, tout simplement car je n’étais pas réellement satisfaite de la séance ! Dans les grandes lignes l’intervention c’est bien passée, j’ai travaillé pas mal avec certains notamment en mathématiques ! En réalité ce groupe est divisé : D’une part, certains travaillent et sont […]

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17nov

Jeudi 18 Octobre

Aujourd’hui beaucoup de choses se bousculent, mais dans l’ensemble mon ressenti est positif : V. a décidé de nous faire une heure de réunion, avant l’intervention : chose qui est tout à fait inutile, puisque M. est arrivé un quart d’heure en retard, et qu’elle nous a donné aucune information. nous avons passé l’heure à […]

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17nov

Mardi 16 Octobre

Ce soir je ne sais pas quoi penser, ils ont tous été, sans exception, exécrable. Si vendredi dernier, je les avais qualifié d’ange, aujourd’hui ils ont pris le rôle de démon. J’ai beau rejouer les scènes dans ma tête, je ne parviens pas à comprendre leur comportement. Ce soir, tous sont arrivés un petit peu […]

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17nov

Lundi 15 octobre

idée de jeux pour ce soir : La bouteille ivre Il était une fois, adapter avec des mots de “société”   En réalité ce soir je n’ai pas eu le temps,  et il faut le dire pas vraiment non plus l’envie.  si le groupe de vendredi par leur comportement, leur attitude,  mais aussi leur besoin […]

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17nov

Vendredi 12 octobre : Un groupe difficile

Aujourd’hui je n’avais pas envie, je suis sortie de cours  vers 17h, cours d’informatique qui me demande des travaux en groupe de 6.  C’est du grand n’importe quoi, et donc je suis arrivé pour commencer l’intervention avec une motivation à zéro. En arrivant,V. était la seule arrivé, M. est arrivé un petit peu plus tard. […]

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17nov

Jeudi 11 Octobre : Nouveau départ

Nouveau départ, pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons décidé, d’un commun accord, de changer le fonctionnement des interventions en définissant des lieux de travail et de lieux “autres”. Sur la semaine et demi qui vient de se dérouler, nous avons remarqué, que les jeunes étaient tous dans la plus petite salle, à faire […]

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17nov

Mardi 9 Octobre

Nous somme mercredi soir, et je n’ai pas pris le temps, ou simplement pas eu le temps de relater les faits d’hier soir. Je me demande la tournure que prendrait la notion « d’aide au devoirs » si je n’étais pas là. C’est très égocentrique et pourtant j’ai l’impression que je suis la seule à aider les […]

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17nov

Lundi 8 Octobre

Mon état de fatigue est à son apogée, je ne sais pas pourquoi, je pense que je couve quelque chose, et le weekend n’a pas aidé au repos. Déjà ce matin, la motivation n’était pas au rendez-vous : les cours à la fac s’enchainent, se suivent et se ressemblent tous. Un ennuie total au sein […]

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Mardi 20 Octobre

Deux groupes, deux ambiances ! Ce n’est pas la première fois que je le dis, et ce n’est probablement pas la dernière ! Je suis très partagée de ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières séances, dans un sens je me dis qu’on ne sert absolument à rien, dans l’autre sens je me dis qu’on leur offre ce dont ils ont réellement besoin.

La séance de mardi m’a plongé dans une espace de dissonance cognitive … Je n’arrivais pas à me situer par rapport aux événements, et la fatigue ne doit pas arranger cela ! En réalité, je suis arrivée avec un peu d’avance mardi soir, une maman, celle de M-A. était présente : elle voulait savoir s’il était possible de faire du “soutien” à son fils, parce que “ il a 4 de moyenne et je sais plus quoi faire moi !”. Hum …dans un sens c’est triste, 4 en Français en 5ème, c’est qu’il a aucune base ! Et c’est d’autant plus triste que cette mère à l’air totalement désemparée. Pour la première fois, j’ai vu la détresse d’un mère, qui à peur que son enfant échoue.

V. a même proposé à cette mère, des cours particuliers avec moi, “parce que j’ai l’habitude”, mais trop de question se pose. Je n’ai pas refusé sur le coup, et la maman va essayer de faire d’autres démarches, mais comment me situer par rapport à ça ? Comment fixer un tarif quand on sait qu’ils paient 8 euros à l’année ? Comment expliquer aux autres, que je l’aide lui, mais pas eux ? Trop de questions qui restent sans réponse, et qui me laisse penser que si cette mère me recontacte je me verrais dans l’obligation de refuser.

Les garçons ont été exécrables mardi soir, il n’y a pas d’autres mots. Deux d’entre eux ont peut être fait leurs devoirs, et pour les autres, c’est parti dans des comportements bien au-delà de ce que peut faire des personnes civilisées.  Le problème est que j’ai l’impression d’être seul face à ces 15 jeunes.

Dès le début de l’intervention, les garçons ont commencé à se taper, à littéralement faire de la lutte au beau milieu de la salle. Je travaillais avec I. comme d’habitude, mais avec de l’anglais cette fois-ci. J’aurais pu prendre le temps de faire quelque chose, mais j’ai considéré que M. aurait peut être plus d’impact, surtout une capacité plus grande à les séparer. En réalité il a haussé un peu le ton, mais n’a pas été se mettre au milieu donc ça à continuer pendant un bon quart d’heure.

J’ai migré gentiment vers l’autre salle, où était V. en train de “faire des papiers”, pour que I. puisse se concentrer un peu. Un des garçons est venue nous rejoindre pour travailler un peu mais il a eu vite terminé ses exercices. Ensuite, c’est là que tout a dérapé. A. et S. ainsi que Se. ont demandé à Mario s’il était possible pour eux d’aller dehors, et avec leur gueule d’ange M. n’a pas su leur dire non. Nous nous sommes donc retrouvé avec 10 enfants dehors sur 15 : bonne moyenne !

Ils ont donc jouer au loup ….oui au loup pendant l’heure restante, dehors, alors qu’il faisait que quelques degré. Mario a été rejoindre V. dans l’autre salle où il n’y avait plus d’enfants.

Je suis restée avec deux garçons, un deux faisait des maths, je l’ai donc aidé sur cet exercice et l’autre “l’attendait”, mais il était plus dans l’optique de l’aider que de le ralentir ! C’est une chose que je pensais oublier, mais non l’entraide existe belle et bien toujours ! Quand il a eu fini, ils ont été rejoindre les autres dehors, que dire ? Eux avaient pris le temps de travailler, je ne pouvais pas leur refuser !

Mais en quittant la pièce, je leur ai demandé à qui était les affaires sur la table, mais la réponse était presque évidente : A. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai été le chercher dehors, il a d’abord eu une attitude de gros dur, puis m’a dit qu’il avait fini mais en lui répondant que j’avais vérifié dans son agenda, il n’a pas bronché et est rentré pour finir. Je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide, mais il m’a répondu que non, et est resté une quinzaine de minutes pour travailler.

C’est la seule victoire que je peux m’attribuer, au moins il aura fait ses exercices. Pendant tout ce temps, M. et V. ne sont pas venus voir ce qu’il se passait, n’ont pas jeté de coups d’oeil dehors, comme si les jeunes étaient déjà partis. Pendant une quinzaine de minutes, j’ai donc proposé à I. de jouer aux cartes, cette petite est adorable, elle dit oui à tout, donc on a joué un petit peu à la bataille avant que je me rende compte de l’heure : 18h50. La salle était en pétard et nous devions leur dire quelque chose à propos des interventions de la semaine prochaine.

Avec beaucoup de mal, nous avons réussis à les faire entrer, mais l’agitation était tellement importante que je ne suis pas sûr qu’ils aient réellement compris, ou ne serait-ce qu’entendu. Certain ont posé des questions qui sont restées sans réponses de la part de V. Ils sont donc partis, comme des sauvages, littéralement, mais avec tout de même des aux revoirs, à vendredi …C’est déjà ça. Les garçons qui avaient travaillé ont pris plus de temps à partir, comme s’ils voulaient nous remercier, à leur manière. Tout ce fait “à leur manière” de toute façon.

 

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Lundi 19 novembre : sexualité et religions

Tant de choses à dire, depuis le début des interventions, une chose me tracasse :Celle du dialogue.  Si les jeunes partagent des choses avec nous, ils ne partagent jamais de choses personnelles. ce qui se passe chez eux, c’est en quoi ils croient, ce qu’ils aiment, rien de tout cela. pourtant c’est une chose qui me tient à cœur !

Le début de la séance a été mouvementé, V. à voulu revenir sur les faits qui se sont déroulés Jeudi et à ce titre la défense des filles à été sans appel. Je pense qu’elles ne sont pas dupes, elles savent très bien qu’elles peuvent tout faire basculer, que les décisions c’est elles qui en auront la monopole. Et la réflexion de B. montre bien cela quand elle dit “houla, mais si ça commence comme ça, l’année elle va se finir très mal”. Il y a quelque chose dans le regard de cette fille qui est puissant, je sais qu’elle à compris ce que je pensais quand elle a dit ça, et son regard m’a bien fait comprendre, que oui, le message était passé, et que les fautes de certains ne doivent pas se répercuter sur les autres… En soit ce soir, M. m’a demandé des son arrivé de l’aide en mathématique pour son contrôle de demain : je me suis donc concentré sur elle, et n’ai pas vraiment aidé les autres. Pour avoir un peu de calme, je lui ai demandé de venir dans la petite salle, très rapidement la bande de filles (5) se sont retrouvée autour de la table. Ils étaient tous très agités ce soir, et malgré le sérieux de quelques unes il était compliqué de se concentrer. Nous avons donc travaillé une bonne heure dans un semblant de calme et je pense sincèrement que M. va s’en sortir pour son contrôle !

Je ne sais pas du tout ce qu’ont fait M., V. et les autres jeunes de l’autre côté, je n’ai pas eu l’occasion d’y mettre les pieds, mais les cris et le positionnement des tables me laissent penser que ce n’était pas réellement studieux.

Nous avons eu un moment de “rumeur” avec les filles, bien sur M. et V. sont venues mettre de l’huile sur le feu ! M. et moi sont à présent ensemble, plus ou moins, depuis le début cette ambiance plane au dessus de nos têtes, ça y est, c’est tombé ! Mais en soi, nous n’avons pas démenti, ni l’un ni l’autre, et laisser passer, elles peuvent penser ce qu’elles veulent.

Mais ce que je tiens à noter ce soir, c’est l’importance du dialogue que nous avons eu elles et moi. Déjà, pendant que nous avons travaillé, les paroles en arabe étaient bien plus présente que d’habitude, il est parfois compliqué de continuer d’expliquer quelque chose quand elles parlent dans une langue qu’on comprend pas, on ne sait pas ce qu’elle peuvent dire sur nous ! Elles peuvent nous critiquer ouvertement, et on ne s’en rendra pas compte ! C’est une sorte de faiblesse.

B. n’a pas travailler mais au bout d’un moment m’a demandé si elle pouvait me poser une question, et toutes les filles autour de la table sont entrées dans le jeu d’en savoir plus sur moi. B. m’a même demandé s’il était possible de ma poser une question gênante ?! Je m’attendais au pire, en réalité la question était “est ce que tu manges du porc ?”, ma réaction fut simple et ma réponse évidente “oui”. Elles m’ont donc demandé si j’étais athé, que je croyais en rien ?! d’un air plutôt choqué. Je me suis demandé un instant si fallait que je leur explique, ou si c’était juste une lubie, qu’elle n’allait même pas écouté ma réponse ! En fait elles attendaient ma réponse avec impatience, je leur ai donc expliqué que j’étais baptisé, que j’avais fait ma communion, donc que  j’étais chrétienne mais pas pratiquante, mais que j’allais occasionnellement à l’Eglise… Elles ont pris le temps de m’écouter, dans un silence religieux, si je peux le dire ! Et je ne sais pas comment la conversation à dégénéré, mais la question suivante à été “Quand est-ce que tu as fait ta première fois ?” J’étais plus choqué de cette question, posée comme ça de but en blanc, et je leur ai répondu que c’était personnel, que je leur dirais pas. “Mais tu es vierge ?” à été la question suivante … De manière générale je suis loin d’être à l’aise avec la sexualité, et particulièrement en ce moment, j’avais donc peur de dire des choses que je n’aurais pas dû. Mais j’ai essayé de jouer franc jeu avec elle, le truc qui me posait problème était de savoir comment jauger la chose, qu’elles étaient les réponses qu’elles attendaient ? Soit je passais pour une fille facile, soit je passais pour la coincée. Et en réalité elle m’ont étonné dans leur réaction :Je leur ai dis que non, j’étais pas vierge, mais que j’avais fait ça avec quelqu’un qui était sérieux, avec qui j’étais en confiance. Elle m’ont demandé depuis combien de temps on se connaissait, un mois ? un an ?, si on était toujours ensemble ? Je leur ai répondu sincèrement, sans dire quand était cette première fois. C’est aussi une manière de me protéger ! M. est arrivé à ce moment là, et elles lui ont toute demandé de partir, de nous laisser que c’était sérieux. Il est parti et nous avons repris … Le sujet a dévié sur le mariage, le fait que dans la religion chrétienne il faut également être vierge pour le mariage, B. m’a dit que pour elle c’était normal, les autres sont plus dans l’idée que vers 18 ans c’est l’âge pour une première fois …. Je trouve que c’est assez tard par rapport à l’image que j’avais d’elles. Elles jouent aux adultes …mais elles ne font que jouer, pour elles la sexualité semblent assez loin en réalité ! On a ensuite parlé des fêtes que l’on faisait, noel, pâques, et visiblement elles le fêtent aussi mais de manière beaucoup moins importante. Le fait de parler de la réaction des parents m’a aussi étonné, pour elles la sexualité est liée avec la famille : les parents vont nous “étriper” si on fait ça …alors oui peut être mais je leur ai expliqué que cela allait au delà de la religion, que moi aussi mes parents allaient me tuer si je leur apprenais que j’étais enceinte ! L’âge du mariage a aussi apporté la notion du mariage forcée à 13-14 ans, et elles sont conscientes d’avoir la chance de choisir, d’avoir du temps, et c’est quelque chose que je respecte … En parlant de bébé, le sujet à dérivé sur le déni de grossesse, parce que Sa. avait vu à la télé une fille accoucher alors qu’elle avait pas de ventre, rien, je leur ai donc expliqué que oui ça pouvait arriver, que c’était un déni de grossesse, que la fille elle avait ses règles, elle ne prenait pas de poids et pourtant elle était bien enceinte. Ce les à choqué mais B; et M. m’ont dit que c’était bien de savoir !

Lorsque nous avons fait le tour du sujet, je leur ai demandé si moi je pouvais leur poser une question, et bien évidemment j’ai eu un oui unanime. Je leur ai donc demandé si elles étaient au courant que leur collège était en ZEP. “C’est quoi une ZEP ?” fut la première réaction “Mais c’est pas une ZUP ?”. Je leur ai donc expliqué la différence, en essayant de les amener au coeur du sujet, leur faire comprendre que ce à quoi elles ont droits, n’est pas valable pour tous ! Mais ça elles en étaient consciente, Sa. m’a même dit moi mon cousin, c’est parents ils payent le collège, parce que dans le public ils ont dit qu’il était trop violent, tout ça parce qu’il a fait de la garde à vue, alors que c’était rien. Elles sont donc consciente du fait qu’il y a des différences. Mais quand je leur ai expliqué que les collèges en ZEP c’était les collèges où il y avait plus de personnes socio-économiquement faible, leur réaction à été “ouais ils nous prennent pour des pauvres ces bâtards !” Oui, bienvenue dans la réalité, mais le fait d’en parler, les a je pense rassuré dans le sens,  où, en dépit de leur différence, elles ont quand même droit à quelque chose !

Le sujet des profs est alors arrivé : quels rapports elles avaient avec leur prof, Sa. m’a dit moi ma prof de Français c’est la meilleur, je la kiff trop ! B. à tout de suite dit, pff de toute façon ils sont racistes, et les autres, plus mitigés, ont donner les pour et les contre, en disant que ça dépendait des profs, mais qu’il y en avait qui était vraiment nul, qu’il attendaient des fois pendant des heures debout dans le couloir, sans pouvoir re-rentrer dans la salle de cours …

Ça a également été l’occasion pour moi de parler du conflit avec V. et de dédramatiser la chose, de leur dire que c’était normal qu’elles aient plus de facilité à communiquer avec moi et M. qu’avec V., elle était plus âgée (59ans), elle n’avait pas la même manière de concevoir les choses ! Mais le lien entre le groupe et V. est définitivement mort je crois. Je veux bien faire des efforts, aller dans son sens, mais j’y arrive pas ! J’ai beau ne pas lui saper son autorité, je n’arrive tout de même pas à penser comme elle.

Ce soir il était 19 heures passé et personne ne voulait bouger, autant les filles de mon côté que les garçons de l’autre, d’ailleurs un d’entre eux n’avait pas fini ces maths ! Quand je suis passé dans le couloir, vers 18h45, les filles m’ont demandé si on pouvait jouer au jeu de la dernière fois, je leur ai demandé l’heure, et elles m’ont dit, à bah non c’est trop tard, on pourra faire la prochaine fois ? Bien sur, qu’on pourra !

Ce soir, c’était une victoire pour moi, une victoire dans le sens où elles m’ont écouté, elles ont partagé sur leur culture, leur croyance, leurs envies, et quoi qu’il se passe à présent, je pourrais avoir autorité sur elle. Avant de partir j’ai dit a B.” “Chaise” en claquant du doigt, pour lui demander d’aller la ranger. Elle m’a “obéit” sans même réfléchir, et c’est Sa. qui à relever la chose en m’imitant, mais pas méchamment, et B. à dit, “merde, j’ai même pas remarqué, sinon ce que j’taurais mis ! ” Mais elles savaient très bien que c’était rien. J’ai demandé à M. de ranger le papier de gâteau qu’elle avait laissé sous la table, une fois elle à ramassé un bout. Je me suis déplacé pour lui dire d’aller ramasser l’autre bout, elle n’a pas rechigné …ça prouve bien que c’est pas de la méchanceté qu’ils ont, ils ont juste leur monde, et il faut avoir des critères bien précis pour pouvoir y entrer.

Les réactions de V. sur le thème de la sexualité sont encore à l’opposé de moi, pour elle se serait normal qu’elles se “touchent”, qu’elles puissent être libre, qu’on est plus dans les années 50, moi je suis pas d’accord … Elles nous a quand même dit ce soir que s’ils n’étaient pas capables de faire une croix tous les soirs pour émarger, c’est bien qu’ils étaient musulmans, que c’était trop leur demandé ! En ça devant les jeunes, elles ne le dit pas, mais ça se ressent tellement !!

J’espère simplement que ça ne viendra pas miner la relation que j’ai réussi à construire avec les filles ! Parce que oui les conversations sont mouvementées, bruyantes, parfois vulgaires mais elles savent aussi être sérieuses, curieuses, volontaires. Ce soir, c’est le premier soir je crois que je suis fier de la relation établie, que je prend conscience de l’importance de mon rôle au sein du dispositif.

 

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Jeudi 15 Novembre

La journée à été longue, très longue, la fin du semestre se fait sentir et les travaux de groupe nous accapare énormément. C’est donc fatiguée et la boule au ventre que je suis intervenue ce soir. La boule au ventre, car je ne savais pas vraiment dans quelle optique, les jeunes avaient quitté le local, et encore moins ce qu’il s’était réellement passé ! Dans un sens j’avais peur, dans l’autre je voulais savoir, je voulais avoir le fin mot de l’histoire, leur version de l’histoire. En réalité, je n’ai pas pu avoir cette version, parce que personne n’a abordé le sujet de cette dispute.

V. a fait plusieurs allusions avec M. que je n’ai pas forcément comprises. A ma grande surprise, les filles ont particulièrement travaillés, en début de séance, sans même qu’on leur demande ! Ce qui prouve bien, qu’elles sont un minimum assidues. Certaines n’avaient rien à faire mais n’ont pas voulues jouer, avec les jeux de société, qui pourtant étaient une de leurs demandes. Elles se sont “posées” et on discutées, d’une manière assez conviviale et pas si bruyante que ça. Cela a bien duré ¾ d’heure, mais une fois les devoirs et leçons apprises le calme s’est envolé. Avec Mario, nous sommes restées dans la petite salle avec quelques jeunes, beaucoup faisaient des exercices d’espagnols et d’anglais. J’étais notamment avec Sa. qui a de grande lacunes au niveau scolaire, et principalement en anglais.

Sa. est une jeune fille qui à un réel manque affectif, et qui n’arrive pas à se situer. Sa soeur Ib. est sur le point de quitter le dispositif, c’est elle qui était à l’origine d’une majeur parties des problèmes l’année passé et on a donner la possibilité à la maman de la réinscrire cette année, mais je ne pense pas que nous allons continuer, puisque son comportement à un impact négatif sur tout le groupe. Sa. à même demandé s’il était possible d’être dans le groupe opposé à sa soeur, ce que nous lui avons accordé, depuis son comportement est beaucoup plus studieux, attentif, presque exemplaire.

Nous avons donc toute les deux fait de l’anglais, mais son niveau très très faible fait qu’il est compliqué de reprendre les bases sur tous les sujets. Elle est en 5ème mais est incapable de savoir que in veut dire en ou que but veut dire mais … Le fait qu’elle soit à la ramasse n’aide pas au point de vue comportemental, mais il y a de réels efforts.

Pendant ce temps V. était de l’autre côté, avec les filles. Le bruit était de plus en plus important et j’ai donc décidé d’aller jeter un oeil : et là je fus surprise, presque choqué de voir ce qu’il était en train de se passer. Le groupe de 5 ou 6 filles était en train de jouer à Colin-Maillard. J’ai donc souris en voyant ça, dans un sens elle se prennent pour des adultes, et de l’autre elle joue à des jeux qui ne pourraient pas être misent en place avec des jeunes de leur âge ! Je n’ai pas vraiment d’expérience certes, mais avec le club ado, qu’on à pu réaliser cet été au camping, on était loin de ce genre de jeux, et même des choses plus construites, plus “matures” ne leur suffisait pas ! Alors je suis tombé de haut en voyant ça, mais je me dis que c’est peut être pas si mal qu’elles retournent en enfance de temps en temps !

Certaines en avaient marre de jouer à ce jeux, et ont donc voulu changer. C’est avec le ballon que j’avais apporté pour la séance, qu’elle voulait faire quelque chose : j’ai donc voulu leur proposer un jeu, et je me suis confronté à une barrière, en réalité elle voulait être auteur de leurs décisions, elles ne voulaient pas que je leur impose quelque chose ! Je ne sais pas si c’est qu’elles ne voulaient pas prendre le temps d’intégrer des règles, ou si elles souhaitaient seulement la paix, mais elles ont finis par jouer à “un facteur n’est pas passé”. Vous allez me dire que le niveau de ce jeu est pas beaucoup plus haut, voir plus bas ! Mais de quels droits on peut leur dire que ce n’est pas adapté ? J’ai l’impression que si elles sont toutes d’accord pour ce genre de choses, c’est qu’elle en ont besoin, d’une manière ou d’une autre.

Après avoir eu la confirmation que le jeu de la dernière fois (coude-genou) leur avait plu, elle m’ont clairement dit qu’elles voulaient jouer toute seule, ce qui en soit ne me posait pas de problème !

Je suis donc retournée soir Sa. on a continué un peu l’anglais, puis elle a rangé ces affaires, puisqu’il était déjà 18h50 heures, et que V. à demandé à tous d’aller nettoyer les tables et passer le balai. Sa camarade à côté devait apprendre une leçon de maths pour le lendemain, j’ai donc pris 2 ou 3 minutes pour lui poser des questions sur les fractions et les priorités de calcul, à la fin de sa leçon, je lui ai dis que c’était parfait, qu’elle connaissait toute sa leçon. La réponse à été un “ouf” qui en dit long … Je ne connais pas les résultats de cette petite, mais elle semble très attaché à sa scolarité et à se réussite.

En sortant de la salle, je m’attendais à trouver le hall vide, puisqu’il était 19 heures, mais en réalité 4 filles étaient encore présentes : Elles discutaient avec M. et V. en attendant 19 heures, V. étaient en train de les fâcher plutôt catégoriquement mais je ne savais pas pourquoi, donc j’ai laissé passer ! V. est ensuite aller rangé ses affaires et avec M. nous en avons profité pour discuter avec B. et Sa. de l’année dernière, de comment s’était et surtout ce qu’il s’était passé, pour qu’il y est un tel sentiment négatif à propos de l’année passé. On a donc appris que les intervenants étaient très peu attentif à la demande des jeunes, Sa. nous a dit qu’ils avaient dit devant tous les autres que de toute façon elle mettait 3 heures à comprendre un exercice, que ça servait à rien de lui expliquer quelque chose ! Même si ce n’est que ça version de la chose, ça correspond avec ce qu’on a déjà pu entendre, malheureusement.

Les filles sont parties, mais on a senti qu’elles n’en avait pas forcément envie, elles avaient l’air bien ici avec nous ! Quand elles ont été partie, V. nous a demandé de venir parce qu’elle trouvait intolérable le comportement de ce soir. En réalité pour moi, la séance c’était bien passé, alors je comprenais pas pourquoi elle avait quelque chose à redire. En fait, une des filles n’a pas voulu passer le balais, et lui a répondu qu’elle était payé pour le faire !

Forcément, ça fait mal …Mais qui a totalement tort ou raison dans cette histoire ? Elle est payé pour le faire c’est une affirmation, elle ou nous, mais en tout cas, ce n’est pas forcément aux jeunes de la faire, un volontaire, et il y a, pourquoi pas ! Mais on ne va pas en plus les forcer à balayer… Je sais pas plus le temps passe, et plus je me dis qu’il y a réellement des écarts dans la vision que l’on a de ce travail d’accompagnement. Je ne sais pas qui de nous deux à raison, je ne sais pas non plus si il y a la vision et les méthodes parfaites, je ne pense pas, mais ce qui me fait peur, c’est que nous n’arrivons pas à nous entendre sur l’ambiance qu’on veut mettre au sein de ce dispositif !

 

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Lundi 13 et Mardi 14 Novembre

Je n’ai pas pu intervenir le lundi 13 novembre, tout simplement car un de mes cours, que je ne pouvais annuler se chevauchait avec l’intervention. Dans un sens, je me suis beaucoup questionné, sur le fait d’y aller ou non, de participer à ce cours ou non, mais j’ai opté pour la fac … Les études avant tout …

En réalité lorsque je suis arrivé hier soir (mardi) pour l’intervention, je me doutais que j’aurais le compte rendu de la séance de lundi sans même la demander. Mais je ne m’attendais pas à ça ….du tout. Lorsque je suis arrivé, V. et M. était présent, d’habitude M. est toujours en retard. Ils étaient tout les deux en train de discuter de la séance d’hier : ils étaient tout les deux dépités en se remémorant la séance de lundi. En réalité, je me suis presque sentie fautive sur le coup. Selon eux, les filles n’avaient rien à faire, elles ont donc eu un comportement horribles, même les garçons à ce qu’ils m’ont dit ! Elles ont parlés à V. de manière assez violente, une d’entre elle à même mis un “coup de pied” à  la cheville de V., le ton est monté, la séance était finie. Elle se sont enfermées dans les toilettes, ont apparemment fait des choses pas très catholiques (désolée pour le jeu de mots ! ), ont regardé des vidéos pas non plus hyper propres, mais qu’elles ont étés les réactions de M. et V., ça je ne le sais pas ….encore ! Mais j’espère bien avoir le retour des filles jeudi soir.

En réalité, je pressentais ce type de réaction de la part des filles, sur les 15 normalement présents le lundi, au moins 8 travaillent avec moi, donc forcément si personne n’a pris en charge ces 8 personnes cela à tourner à la catastrophe …ou presque ! Dans un sens, je ne veux pas critiquer, j’essaye d’être objective, mais je me dis que ces jeunes avaient probablement des raisons de partir dans ce genre de comportements !

V. à été jusqu’à me dire qu’ils avaient été raciste envers elle, qu’il leurs avaient parlé comme “à des petits blancs” et qu’elle voulait que le service civique qui va nous rejoindre soit “ arabe”, en tout cas pas blanc … Sur le coup, je n’ai pas réagi, et de toute façon je n’aurais pas mon mot à dire, mais c’est quoi ça ? On n’a pas assez de jugements, de réactivité, de pédagogie pour surmonter ça ? Dans un sens, encore je leur trouve des circonstances atténuantes, mais elles ne vivent que dans le racisme, elles ne répondent que par ça, tout le temps, est ce que c’est vraiment étonnant ? Est-ce que ce n’est pas à nous de réagir de manière adapté ? Je ne sais pas comment aborder la séance de jeudi du coup, je les avait quitté sur des points hyper positifs, avec la proposition du jeu “coude-genou”, et la je vais les revoir dans une ambiance et un contexte totalement différents, de part les événements qui sont survenus en mon absence ….En espérant que je sache trouver les mots.

La séance d’hier s’est déroulé de manière étrange, encore une fois, mais pas négativement. Les jeunes sont arrivés assez tardivement, sauf I. . D’ailleurs, j’ai proposé à I. de venir les jeudi, plutôt que les vendredis puisqu’elle fait partie d’un autre programme, et elle semble plutôt contente de cela, puisque selon elle, elle aurait choisi en fonction de si elle avait beaucoup de devoir ou non, mais je trouvais ça anormal de choisir entre quelque chose liée à la famille, et quelque chose liée à la scolarité !

Les autres sont arrivées vers 17h45, mais sont restés dehors (avec M. en train de fumer). Il leur a proposé de jouer au freesbee avec des bouts de papier, mauvaise idée, ils ont joué dehors une quinzaine de minutes, en ouvrant les portes et les fenêtres et en refusant de rentrer. Le problème est que lorsqu’ils sont entrés, ils étaient énervés, excités et ont commencé à se tapper : S. entre autres et un autre.

J’étais en train d’expliquer quelque chose à Mo. et I., je n’ai donc pas vu toute la scène, mais Mario à pris Sofiane pour aller discuter dans l’autre salle, V. à discuter avec un autre dont le nom m’échappe toujours. Le seul problème, c’est je pense, qu’ils ont envenimé les choses : Un était très mal après cette discussion et à bien passer une bonne heure assise sur cette même chaise que V. lui avait donné en début de séance … Elle a menacé d’appeler les parents, des deux mais également d’autres. Au cours de la séance elle à fait le tour de tous les enfants pour savoir si oui ou non elle allait les convoquer …? Pourquoi ? Un fait une connerie donc on les punit tous ? On n’est pas prof, loin de là, on n’est encore moins leur père, on n’a pas le droit de jouer sur cette peur qu’ils ont de la famille, c’est comme ça qu’on détruit encore plus la relation !

Je suis restée, à discuter, jouer avec I. et M., une bonne partie de l’heure, les autres étant avec M. dans l’autre salle, en train de travailler pour une majorité ! Pour une fois que les rôles s’échangent je n’allais pas m’en plaindre ! Il était à peu près 18h30 quand M. est arrivé avec tous les autres, ou une grande partie pour commencer à jouer au Dixit, ils ont installées le jeu et j’ai proposé aux deux qui jouaient avec moi depuis une heure s’ils voulaient les rejoindre pour changer un peu. Ils étaient tout les deux d’accords, et j’ai donc pu aller voir de l’autre côté ce qu’il se passait ! Un était encore présent dans la salle, en train de faire de l’anglais, seul, je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide, il m’a répondu que oui, pourquoi M. est alors partis s’il y avait encore de la demande de la part des jeunes ? J’ai donc continué le travail en anglais avec ce jeune, c’était plus de l’accompagnement, de la présence, que de l’aide à proprement parlé, mais cela ne me dérange pas ! Ce jeune est hyper appliqué, attentionné, il écrit très bien, pose des questions, veux apprendre et ça se voit.

Pendant ce temps, I. est arrivé à 18 heures 20, donc V.  lui a demandé de repartir, qu’elle ne pouvait pas l’accepter. Avant, elle avait appelé ses parents pour signaler son absence qui n’avaient pas répondu.  Cela à lancer le débat des horaires, certains m’ont appris que l’année dernière, ils venaient quand ils voulaient, s’il ne venaient pas s’étaient pas grave, et ils repartaient un peu quand ils voulaient aussi …donc forcément à côté, on paraît très rigide, même très strict !

I. à monter le ton en disant que c’était pas normal, qu’elle était pas au courant, qu’elle avait quand même le droit de manger, de goûter avant de venir. Elle à été de l’autre côté avec M. puis est passé dans le hall, à charger son portable et faisait des croches pieds, des gamineries à ceux qui passaient. Elle A récupéré, je ne sais pas par qu’elle moyen mon jeu de uno que j’avais donner aux garçons. J’étais avec le jeune pour l’anglais lorsque je lui ai demandé de me le rendre, elle était au téléphone, en train de poursuivre un autre, et m’a littéralement fermé “la porte au nez”. J’étais en train d’aider le jeune, donc je n’ai pas relevé plus que ça. Lorsque V. est arrivé je lui ai demandé s’il était possible qu’elle récupère mon jeu, ce qu’elle à fait, mais cela à relancer le débat, sur le fait qu’elle n’avait rien à faire là. V. à rappeler la famille qui n’a pas répondu (on semble parler à un mur ! ). Le cas d’I. semble être connu puisque les jeunes nous lancent des “ha ça y est elle fait sa crises !”, donc j’en conclu que c’est fréquent, mais problématique.

Les jeunes n’ont pas joué longtemps au Dixit avec M. puisqu’ils étaient tous en train de faire n’importe quoi, ils sont partis vers 18h50, et un à passer sa tête dans l’encadrement de la porte, pour dire au jeune qui travaillait avec moi, que c’était la fin… Il lui a dit oui, et s’est replongé dans son exercice. Il ne comptait pas partir avant d’avoir fini, et cela s’est vu. En une vingtaine de minutes nous avions terminé donc cela prouve que M. aurait pu y prêter un petit peu plus d’attention. Je pense que le truc qui me rapproche de ces jeunes, c’est également ça, je les aide quand ils en ont besoin, je les fait pas chier pour une broutille et je leur propose autre chose !

En fait je répond à leurs besoins, qu’elles qu’ils soient, et c’est la démarche je pense à utiliser ! J’ai peur de perdre ces réactions avec les réflexions et les difficultés qu’ont M. et V. envers mes actions et mes comportements, mais je sais pourtant que c’est la clé.

Je ne me vois pas hurler sur les jeunes parce qu’ils sont montés debout sur la chaise, ou qu’ils ont dit un mot plus haut que l’autre … je veux m’amuser avec eux, prendre du temps pour les connaître, leur faire découvrir des choses, je ne veux pas que ces interventions deviennent un calvaire, autant pour eux que pour moi.

J’attends donc avec impatience la séance de jeudi, impatience et boule au ventre, ces deux sentiments qui me portent depuis le début, et qui pourtant n’ont jamais eu lieu d’être !

 

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Jeudi 8 et Vendredi 9 Novembre

Deux dates, 2 jours, 2 interventions.  Je n’est réellement pas eu le temps de faire le point sur la séance de jeudi, qui était pourtant l’une des meilleures depuis le début.  Et au lieu de rattraper mon retard, je vais plutôt faire un comparatif entre les deux groupes, entre les deux interventions !

l’intervention de ce soir était particulière, dans le sens où S. était présente au début de l’intervention :  elle nous a apporté une dizaine de jeux de société, ce qui a impacté la séance de manière non négligeable. Elle n’est restée qu’une dizaine de minutes, et n’a pas fait de remarques particulières.

Les jeunes sont arrivés beaucoup plus tard ce soir qu’hier : mais je ne sais pas vraiment pourquoi, ce groupe est plus masculin, il sont moins “scolaires”, mais sont pourtant content d’être là, mais je pense qu’ils ne veulent simplement pas être les premiers.

Hier, j’ai beaucoup travaillée avec D., cette petite est ultra appliqué, elle travaille énormément et devait partir à 18h30. Je me suis donc consacré à son devoir et à ses questions. Je lui as donnée des pistes mais n’est pas fait à sa place. Avec une autre des filles, j’ai fais de la SVT, quelques chose à rendre sur les volcans effusifs et explosifs. J’avais entre 5 et 6 filles avec moi, elles ne travaillaient pas toutes mais comme l’ambiance était raisonnable je n’ai pas eu le coeur de leur demander de partir. M. était de l’autre côté, mais je ne sais pas ce qu’il a fait avec les autres filles – visiblement pas grand chose, lorsque je venais dans la salle, elles étaient en train de se chamailler, de manière assez violente je trouve. Une des choses que m’a choqué c’est que moi j’essaye de tenir partout alors qu’eux se posent à une table et discutent …

Ce soir ce comportement ne s’est pas représenté : en revanche V. à “fait du rangement”, des “papiers” mais n’a aucunement réalisé des choses avec les jeunes. Je ne dis pas qu’elle doit à tout prix les aider scolairement, mais même les dialogue sont absents ! M. est resté une bonne partie du temps, jusqu’à 18 heures 30 avec la partie “complexe” des jeunes, à savoir A., S. et d’autres. En tout début de séance j’ai aidé Sofiane sur de la SVT et un jeune à faire de l’anglais, un petit questionnaire. J’ai noté, que malgré les apparences, S. a eu 16 au dernier d’SVT, ce qui ne colle vraiment pas avec son comportement … Dans un sens, il me fait presque pitié mais je ne sais pas comment l’aider !

Hier si nous avons passé 1 heures à travailler, aujourd’hui j’ai passé 1 heure à jouer avec eux : avec 3 d’entres eux plus précisément, d’abord au “Haut-vienne-oie”, qui est un jeu de l’oie mais avec des questions sur la haute vienne. Ce jeu est complexe mais ils ont quand même apprécier les défis je pense. Ensuite on a fait deux parties de bataille à 4.

Hier soir j’étais en réalité extrêmement fatigué, après une grosse journée, mais à 18h30, toutes les filles avaient finies leurs devoirs, n’avaient pas de questions et personne n’a rien proposé ! Ca me met hors de moi dans un sens, mais je me dis que c’est aussi mon rôle. Je ne sais même plus comment j’ai lancé la proposition de jeu, je crois que j’ai simplement demandé si elle voulait jouer à quelque chose, une seule m’a répondu que oui et j’en ai profité. Le seul soucis, que ce soit avec l’un ou l’autre des groupes, c’est de capter leur attention, tous à la fois. Mais je crois avoir compris le principe, encore plus ce soir !

Je leur ait expliqué hyper rapidement les règles, certaines ne m’écoutaient pas, je ne vais pas le cacher, mais c’est aussi pour ça que je propose des jeux simple à comprendre. On a commencé à jouer à 6, nous avons finit à 10. La quasi-totalité des jeunes à participer, c’est en voyant les autres s’amuser, en riant de la situation que tous se sont greffé au jeu au fur et à mesure. Il n’y a pas eu de soucis de groupe, ou de répartitions, c’est plutôt fluide de ce point de vue et je trouve ça presque étonnant !

Ce soir, le contexte était différent, ils avaient à disposition des dizaines de jeux : M. leur à proposer un Loup-garou, ils étaient tous pour au départ (6 je crois), mais ça a vite dégénéré, ils se sont mis dans le noir, un d’entre eux à baffé un autre … Je ne dis pas que ce groupe est simple, au contraire, mais M. n’arrive pas à les cadrer, il est trop proche d’eux. C’est une arme, mais c’est aussi une faiblesse, trouver le milieu, la distance c’est la clé.

A 18h45, 3 d’entres eux avaient déjà les sacs sur les épaules, prêts à partir : nous avions fini notre partie de cartes avec les 3 jeunes, et M. était avec nous dans la petite salle. Les jeunes étaient donc tout seuls de l’autre côté. J’ai donc pris l’initiative de proposer le même jeu qu’hier à ce groupe. J’avais déjà tenter le vendredi d’avant les vacances et m’étais confronté à un mur. Comme hier, à la proposition de jeu, un seul m’a répondu, les autres ont presque fait semblant de ne pas entendre. J’ai fait comme hier, j’ai commencé à expliquer, mais j’ai tout de même eu plus de mal qu’hier. Le bruit qu’il faisait, le chahut qu’il y avait m’empêchait clairement de parler. J’ai montrer un exemple avec le jeune qui était volontaire, j’ai quand même demander le silence, et deux ou trois ont suivit.

Il a été plus complexe ce soir de faire des groupes, puisque comme tous n’avait pas écouté, ils ont pas osé au moment des groupes s’intégrer. J’ai donc réexpliqué, fait du forcing avec certain pour les inclure, mais dès les premières secondes de jeu, s’étaient gagné. En réalité, ce que j’ai remarqué ce soir, qui n’était pas présent hier, c’est la présence de leaders : au sein des filles … certaines ont plus de “pouvoir” que d’autres, se font plus entendre, mais la décision vient de chacune. Hier j’ai réellement eu l’adhésion de chacune, indépendamment les unes des autres. Aujourd’hui, avec les garçons, j’ai eu l’impression d’avoir à faire à une sorte de bande qui obéit à un leader. C’est quand j’ai eu l’adhésion d’A., de S. que les autres ont suivi. Je suis presque sur que si A. n’avait pas joué, les autres n’auraient pas voulu non plus. Nous avons fait 3 parties et il était 19 heures, mais le but du jeu pour moi c’est qu’ils adhèrent. Le remerciement ultime ce soir c’est déjà d’avoir une réponse positive, de l’enthousiasme devant une nouvelle partie, mais c’est les réactions à la fin de la séance qui sont un réel cadeau. Le “pour une fois qu’on fait un jeu bien” de S. va résonner un moment dans ma tête je pense…

Malgré les différences entre les groupes, les différences avec des jeunes “basiques”, les différences entre eux au sein du groupe, ce sont des jeunes, des jeunes qui sont en demande, qui sont en conflit avec eux mêmes, qui ne demande qu’à ce quelqu’un les comprennent.

Il y a tout de même quelques points négatifs, pour chipoter !

  • Ce soir I. était absente, elle fait partie d’un programme “familiale ou parentale” dont ces parents font parties. A., lui n’a pas souhaiter adhérer aux projets, mais du coup elle ne sera pas la le vendredi durant 14 semaines, ce qui est énorme, puisqu’elle est très demandeuse. J’ai donc proposé qu’on la laisse sur le groupe du mardi mais qu’on lui propose de venir aussi le jeudi, si elle en ressent le besoin (on ne dépasse jamais 15 de toute façon ! )

  • Les ateliers “lectures” de V. sont passés aux oubliettes. En début de séance, elle à sorti le livre, et je pense qu’elle voulait faire ça en fin de séance, mais en arrivant ce soir, devant S., ils m’ont félicité de mon intervention d’hier, donc ce soir je me suis permis de “prendre sa place”, d’utiliser le créneau qu’elle avait pris pour lire les dernières fois. En soit il faudra en rediscuter mais je ne pense pas que conserver cette idée soit réellement bénéfique !

  • Le truc, c’est également que je ne peux plus les décevoir maintenant, et il va falloir que je trouve des jeux dans ce genre, parce que même avec des dizaines de jeu de société, ils adhèrent dix fois mieux à des jeux qu’on propose, où il y a une ambiance ! Donc au boulot pour trouver des idées …

En revanche, points positifs, ou en tout cas nouveau de cette fin de semaine :

  • une intervention qui touche à la laïcité, à la citoyenneté est programmée le jeudi 29, avec un philosophe (j’ai peur du pire),et d’autres intervenants. Dans l’idée c’est super, dans la forme, j’ai peur que ce soit beaucoup trop rigide, scolaire, barbant, institutionnel pour eux.

  • Un partenariat avec la banque alimentaire à été mis en place, en chaque semaine, on aura des fruits à proposer aux jeunes pour “goûter” ensemble, et partager quelque chose. C’est un truc super, en sachant qu’ils bouffent des pâtes chinoises crues à longueur de séance. PS : Il faudra que je goûte !

  • On a reçu, de la part d’une autre asso, tous les manuels scolaire de toutes les manières, et tous les niveaux je crois. Selon V., ça ne sert à rien, du coup je lui ai demandé si je pouvais en emprunter un de maths, forcément c’était un oui, et je compte bien le garder ^^ Ca va me permettre de faire tous les cours d’E. beaucoup plus facilement !

 

Sur ceux, je pense que c’est pas mal pour ces deux séances. M. m’a encore félicité ce soir, et je le comprend. Je ne suis pas du genre à me jeter des fleurs, bien au contraire, mais ce que j’arrive à faire avec les jeunes n’a aucun rapport avec ce qu’il obtient. Et je ne vais pas non plus cracher sur ce que j’apprend actuellement à la fac, certain cours comme école dans la cité, me donnent des billes importantes pour m’en sortir. Mais M. à raison, entre théorie et pratique, il y a un monde et lui se fit beaucoup trop à la théorie.

Ces deux interventions m’ont regonflé à bloc ! On a encore 6 semaines avant les vacances, et je me fait la promesse, à moi, que je vais leur proposer des trucs de dingue ! En soit, je suis revenue sur le fait de proposer un planning pour les “cours particuliers” parce qu’en réalité les filles qui avaient demandé ça travaillent déjà de base avec moi, et j’aurais pas le temps de tenir partout. Donc c’est des truc de dingue que je veux leur faire faire, les sortir de cette putain de forme scolaire, leur faire voir que la vie c’est autre chose que d’obéir à des règles qui n’ont aucun fondement !

Idée de jeux :

- Le pic carré : distribuer une carte chacun – chacun doit retenir le symbole. L’animateur pioche des cartes, et tout ce qui ont le symbole de la carte pioché doit se décaler vers la gauche.

Voir si cola-fanta peut leur convenir …trouver de quoi faire une balle pour jouer à la tomate (balle en tissu à voir). Essayer le jeu “il était une fois” avec les filles – Jeu du post-it (le faire avec des objets/animaux)

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Mardi 6 Novembre

Je redoutais cette intervention, je pense à cette séance depuis le début des vacances, car je ne savais pas du tout comment allez être cette intervention.

En réalité, elle s’est déroulée … étrangement mais pas non plus horrible ! En fait, au début de la séance, seul 8 jeunes étaient présents, et pas ceux que l’on aurait pensé, le premier à être arrivé étant Sofiane, chose perturbante, nous avons ensuite vu arriver I., vers 17h45, c’est A. qui est arrivé en retard “a cause du bus”, et vers 18h05 c’est Ib. qui nous a fait l’honneur de sa visite.

I. et A. avait des devoirs, I. une correction de contrôle en SVT et son frère des exercices de maths. Les autres, n’avait rien à faire : je leur ai donc proposé de jouer au UNO, un petit truc que j’avais dans mon sac, où il manque les +4, ça ils l’ont vu, mais ils ont joué, à deux, 3, 4 pendant une bonne heure ! Des fois, il ne faut pas trop en demander, ils ont commencé à jouer avec nous, assis sur une table, et puis, certains ont voulus s’éloigner un peu et on opter pour le hall, mais il faisait froid … donc ils sont allés, à quatres ou cinq dans la petite salle, tous attablé, à jouer aux cartes. Autour d’A., S. est resté avec 2 autres garçons : au début je les ai charrié en disant à A. qu’il n’allait pas travailler, que ça n’avançait pas, mais en réalité ils l’ont aidé à terminer l’exercice plus vite, au départ, mais il a pas mal de difficulté, et j’ai finis par aller l’aider pour la dernière question. J’ai fais quelque chose qui me semble bien mais je ne suis pas certaine, en fait j’ai attendu qui me demande de l’aide, je ne l’ai pas aidé de manière naturelle, il a donc été obligé de venir vers moi pour me demander. Il y a alors un impact sur la relation, il est conscient qu’il à besoin d’aide, notamment de la mienne, donc son comportement sera en adéquation avec cela. C’est ce que je crois !

Vers 18 heures 15, V. à penser que ce serait peut être le bon moment pour parler du concours d’écriture mis en place, auquel on est inscrit, et où il nous faut 6 participants. J’ai trouvé que c’était une bonne opportunité, et c’est donc ce qu’elle à fait, mais au lieu de demander le silence, de demander à tous de changer de salle, d’avoir l’attention de tous le monde je pense qu’elle aurait du expliquer à tous le monde.

En fait A. et un autre garçon avait envie de jouer hier soir, et nous on fait légèrement tourner en bourrique, mais de manière subtile. Alors il se sont “échappés” de la salle où ils étaient avec V. pour venir papoter dans la grande salle, où j’étais rester travailler avec I. . Je leur ai donc demander de retourner avec V., ils ont tout les deux marmonner des choses, et je leur ai demandé s’il voulait participer, s’il voulait savoir de quoi ça parlait. Les deux m’ont dit oui : j’ai été droit au but en leur expliquant que c’était un concours d’écriture en groupe, sur un thème, et que ce serait sur une journée, point barre. Il m’ont alors lancé des regard qui en disent long, l’air de dire …mais pourquoi pas moi ? Alors je leur ai demandé de retourner voir V. gentillement pour qu’elle les intègre au projet. Par la même occasion j’ai expliqué à I., que V. a totalement zappé.

Les garçons se sont donc mis autour d’une table pour réfléchir sur le thème du concours : moi aussi, avec M., car je considère qu’on doit être au minimum de ce qu’il se passe. Et la grande surprise, et presque colère, le thème du concours : les frontières.

Comment on peut faire parler des frontières à des gamins de quartiers qui savent même pas s’ils sont réellement Français !? ça me révolte ! V. à commencer par leur demander de définir le mot frontière, tous ont pris l’exercice à coeur, même S., qui à donner des réponses pertinentes, en disant qu’elles pouvaient être longues ou pas. J’ai osé parler des frontières sociales, psychologiques, et certains ont semblé tilté, j’ai croisé des regards presque fautif, mais aucun n’a fait de commentaire. Je trouve que c’est un projet beaucoup trop proche de ce public, qui les concerne et qui peut les intéresser, mais qui est hyper complexe.

Ils étaient tous autour de la table à discuter des frontières, cela à dégénéré quand M. à parler de “ je ne sais même plus quoi” autour du sexe, et les garçons ont donc rechercher dans le dictionnaire … C’était foutu pour la concentration !

Et la, au lieu d’attendre un petit retour au calme, V. à changer d’optique, elle voulait faire la séance de lecture. Alors à 19h15, elle a demandé à tout le monde de changer de salle, encore, pour lire un passage de “Sa majesté des mouches”. Livre qui n’était pas celui choisit par ce groupe ….alors pourquoi laisse-t-on leur le choix si c’est pour ne pas l’appliquer ?! Bref, on a commencé à lire, mais il manquait des jeunes, dont A., S. et un troisième ! J’ai donc été les chercher le temps qu’elle à commencé la lecture, ils étaient cachés sous les tables …A. est allez avec les autres sans bronché, l’autre jeune également, à juste fait “genre j’ai soif” pour prendre du temps. Et S. était bloqué dans les toilettes …En tirant sur la poignée je me suis rendu compte qu’il ne lâcherai pas, je lui ai donc dis “que ça n’allait pas le faire”, il a ouvert la porte sans trop de peine, en tout cas pas physique.

Ils ont été s’asseoir, V. à commencer, 2 lignes plus tard, s’arrête en butant sur le mot “laine”, mais qu’est ce que ça veut dire une laine ….bah un pull ! Les jeunes ont fait des remarques “elle nous fait lire un truc elle compte même pas”. Retour au calme complexe, deux lignes de plus et V. part dans un fou rire, en disant quelques chose du style “on va s’accrocher aux lianes nous aussi”…J’ai pas compris la référence, les jeunes n’ont plus, mais il ne fallait pas en demander plus. Ib. s’est levée, voulait partir, elle a passé toute l’intervention les écouteurs sur les oreilles, donc autant dire que ce n’était pas étonnant. Elle à littéralement fait une crise : elle était debout, V. voulait qu’elle s’asseoit, elle ne voulait pas s’asseoir, V. l’a laissé partir : elle n’a définitivement plus de crédibilité niveau autorité. Les autres sont partis dans des commentaires limites, mais toujours sur la notion de pourquoi elle et pas moi !

Deux minutes après tout le monde était dehors, I. m’a souhaité bon courage pour mon travail, je lui ai dit de bien travailler demain matin … Les garçons se sont vite dispersé. Plus le temps passe, et plus je me dis que la relation de confiance est en train de se créer, mais je me rend compte aussi qu’il ne faut qu’un seul faux pas pour que tout chavire …

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Lundi 5 Novembre

J’appréhendais un petit peu cette reprise. Le fait de s’être quitté dans des conditions pas vraiment favorable, avait suscité une crainte importante. En réalité, je m’attache beaucoup trop à ces gamins, s’il me demandait la lune, j’irais la décrocher sans hésiter. Je réalise la chance que j’ai eu de grandir au sein de ma famille, même si ce n’est pas toujours rose ! En fait c’est la groupe de demain que je redoute …

Aujourd’hui je suis arrivée avec un peu d’avance, j’avais envie de les retrouver, de discuter de leurs vacances, et certains étaient déjà présents, notamment S., M…et d’autres. M. et S. se sont bataillés pour que je travailles avec eux, il était à peine 17 heures 35 que nous étions déjà au travail. Les filles sont venues nous rejoindre, pour travailler …même si certaines n’ont pas vraiment avancer. En fait, 8 enfants étaient avec moi, dans la petite pièce, c’est à présent que je m’en rend compte, mais je réalisais des tâche avec chacun d’entre eux … Autant dire que ce n’est pas réellement précis, que c’est plus des “mais si ça tu sais le faire” ou des “c’est la même chose que la question d’avant” qui viennent meubler la conversation. Il faut dire qu’il y a aussi des “La ferme”, “taisez vous” “je vais vous foutre dehors ! “ sans quoi les séances seraient beaucoup moins humaines !

C’était complexe ce soir de gérer la demande de tous, M. est venu à deux ou trois reprises dans la petite salle, mais faisait vite demi-tour et V. n’est pas apparu dans la salle, où que pour demander “est ce que tout le monde à signer ?” ou “haa mais vous êtes déjà au travail ?”

La présence de V. ici, est pour le moins problématique je trouve, les gamins jouent avec ça, avec le fait que c’est elle qui commande mais que c’est aussi elle qui ne fait rien !

J’ai beaucoup aidé S. et M., mais j’ai l’impression qu’ils attendent plus des réponses, que des explications : ils connaissent les choses, ils sont loin d’être bêtes mais si on peut leur donner le résultat comme ça sans qu’ils perdent de temps, c’est toujours mieux. J’ai fais un exercice presque complet pour M., mais je me dis qu’au moins ça son prof ne pourra pas lui enlever !

Il y avait un brouhaha ambiant, une sorte de discussion animée, extrêmement animée, mais les jeunes semblaient travailler avec ce bruit. Ils travaillaient sans vraiment se rendre compte de leurs comportements, à un instant j’ai demandé à tous de se taire et à 3 de sortir, j’ai tapé des mains et leur ait dit “toi, toi et toi dehors !” Cela à jeter un froid, elles ne savais pas si elles devaient prendre les choses à la légère ou pas. Une d’entre elle m’a dis que ça se faisait pas de leur parler comme ça, qu’elles étaient pas des chiens, je l’ai pris à la rigolade en lui demandant si elle m’aurait écouté, si je lui avait demandé gentillement …Après réflexion elle m’a répondu que oui, nous avons donc parier toute les deux, avec un tchec, que la prochaine fois que je lui demande de se taire, je le fera de manière très poli, mais qu’elle devra m’écouter ! La base de la confiance, du respect ! J’apprécie.

Cette même petite à fait une réflexion qui me fait penser, encore, que ces jeunes sont tellement stigmatisé qu’il rejettent la faute sur leurs origines ! J’avais déposé mon téléphone sur la table, et elle l’a pris en demandant à qui il était, je lui ai répondu qu’il était à moi en lui demandant de me le rendre ! Tout de suite sa réaction à été de me le tendre et de me dire “waalha on est arabe mais quand même !” J’aurais pu faire mine de ne pas entendre mais je trouvais ça important de relever : je me suis donc défendue en expliquant que ce n’était pas du tout mon but, que je voulais simplement dire que je ne voulais pas qu’ils aillent fouiller dans mes photos, mes messages, et malgré sa réaction, je pense qu’elle à compris l’idée, et ne m’en a pas tenue rigueur pour la suite de l’intervention.

Plusieurs d’entres eux, m’ont demandé s’il était possible de rajouter des heures, parce que je cite “là moi j’ai pas le temps de tout faire !”. Evidemment qu’il n’ont pas le temps de tout faire, et le fait d’avoir à charge plus de 5 enfants est ingérable, dans le sens où on ne peut pas les aider de manière convenable ! Certain travaille en autonomie certes, mais si on veut vraiment les faire progresser, il faut un minimum d’accompagnement, non ?

La séance s’est déroulée, je n’ai pas vu le temps passé, trop occupé du début à la fin ! En début de séance V. avait fait la remarque que sa séance de lecture n’avait pu avoir lieu car ils étaient déjà au travail : 15 minutes avant la fin, elle est venue dire à tout ceux de travailler d’arrêter, de ranger, car il devait aller écouter la lecture : J’ai trouvé ça contraire à ce qu’on veut montrer, occuper ceux qui ne travaillent pas en faisant de la lecture oui ! Mais empêcher ceux qui travaille de travailler pour faire de la lecture, je suis pas vraiment pour !

Avant de commencer, elle est venue se vanter qu’une des filles lui avait demandé de lire, que c’était gagné, qu’elle avait eu raison, je n’ai rien répondu …C’est son choix, ses décisions je n’ai rien à dire ! Mais le fait que la jeune fille ait lu à peine une page, pour faire passer à une autre fille, en la coupant pour lui demander si elle n’avait pas besoin de lunettes …

En soit sur les 15 jeunes, il y a peut être 3 d’entres eux qui étaient attentifs, mais on ne peut attendre que tous soient concentrés, c’est contraire aux dispositifs, c’est contraire à leur manière d’être, à leur personnalité. Mario est venu s’asseoir à côté de moi, et même lui en a conclu qu’il n’avait rien compris, qu’il n’arrivait pas à accrocher et je pense que c’est la réalité de tous les jeunes : la lecture c’est bien quand on en a envie, quand on veut un peu de solitude, de repos, ce n’est pas une chose pour moi, à faire en groupe, à 19 heures avec des jeunes qui en n’ont pas l’envie. Nous avons appris à l’issue de cette lecture (courte) que S. …ou V. avait inscrit 6 jeunes à un concours de littérature, qu’il devait écrire quelque chose, tous ensemble et qu’on prendrait le temps de le faire durant les CLAS. Il aurait peut être été judicieux de nous en parler avant de l’annoncer aux enfants, qui à première vue on tous dit non. M. connaissant le principe du concours leur à dit que se serait sur une journée de cours, et qu’il faisait pique-nique … la certains ont dit “ha oui oui on n’y va !!”. Ce n’est pas en leur proposant des activités scolaires que nous leur donnons l’opportunité de s’ouvrir au monde …et pourtant c’est la seule chose qu’on réalise. Je trouve ça dommage, presque frustrant ! Tout le monde voit que ce n’est pas ce qu’il cherche, ce n’est pas ce qu’il demande mais …On les force en détournant le sujet principal … On verra si ce projet découle sur quelque chose, mais en tout cas je n’y prendrais pas part.

Je ne leur ai pas proposer le planning que j’avais mis en place pour les cours “particuliers”, tout simplement car tout le monde avait trop de chose à faire ce soir. Mais je voudrais quand même savoir ce que M. et V. ont réalisé avec les autres … Visiblement à part de la bataille et des chamailleries pas grands choses !

Je verrais si j’ai le temps de leur en parler jeudi, même si cela trainent un petit peu ce n’est pas réellement important, il faut que je trouve les moyens de mettre en place cette idée. Je n’ai pas non plus eu le temps de proposer des jeux, mais je m’en veux un petit peu, j’aurais pu prendre quelques minutes pour leur proposer un des deux jeux que j’ai préparé et les laisser en autonomie … Si c’était à refaire, je prendrais ce temps là, au détriment de l’avancé de ceux qui travaillent.

Le soucis dans ce CLAS c’est que je ne peux pas être partout, je peux pas faire l’accompagnement scolaire et en même temps proposer des activités. Les jeunes me demandent pour les matières scientifiques et M. et V. refusent de travailler sur ces points …donc le choix est vite fait ! j’espère pouvoir proposer quelques choses mardi soir aux groupes des garçons …même si je sais que c’est plus compliqué !

 

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Vendredi 2 Novembre

J’ai choisi de ne pas écrire le récit du vendredi 17 octobre, tout simplement car je n’étais pas réellement satisfaite de la séance ! Dans les grandes lignes l’intervention c’est bien passée, j’ai travaillé pas mal avec certains notamment en mathématiques !

En réalité ce groupe est divisé :

  • D’une part, certains travaillent et sont studieux. Ils sont moins appliqués que les filles mais demandent de l’aide pour la réalisation des exercices

  • D’autres part, les autres jeunes ne viennent que pour se rassembler :en soit je n’y vois aucun inconvénient au contraire mais je n’arrive pas a comprendre pourquoi il refuse toutes les activités qu’on leur propose !

J’ai réussi à leur proposer le jeu “coude-genou” a 5 ou 6 d’entre eux mais aucun n’a adhérer (sauf I.) , et je ne comprend pas pourquoi. J’ai l’impression que c’est simplement pour nous contredire, nous contrarier, mais je suis impatiente de les retrouver, malgré leur comportement que je n’arrive pas a cerner !

Je reprend les interventions lundi et mon seul soucis et de savoir comment je vais mettre en place tout ce que tout le monde leur a promis :

  • Premièrement les jeux que je voudrais placer en fin de séance

  • Deuxièmement les “cours particuliers” que virginie veux que je mettent en place !

Si je prend en charge des jeunes de manière particulière sur la première demi-heure, un autre groupe sur la deuxième et des jeux sur la dernière… Cela pourrait fonctionner !

Mais où placer les minutes “lectures” de virginie, les pauses “musiques” de M. … Je crains que le fait de trop proposer de choses pas forcément en accord les unes avec les autres risque de rendre les interventions pénibles et complexes ! Pour eux parce qu’on ne parviendra pas à tenir nos promesses. Pour nous parce que leurs réactions se fera ressentir, leur mécontentement sera forcément apparent et aura des répercussions…

 

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Jeudi 18 Octobre

Aujourd’hui beaucoup de choses se bousculent, mais dans l’ensemble mon ressenti est positif :

V. a décidé de nous faire une heure de réunion, avant l’intervention : chose qui est tout à fait inutile, puisque M. est arrivé un quart d’heure en retard, et qu’elle nous a donné aucune information. nous avons passé l’heure à critiquer, et boire le café : autrement dit, la définition d’être payé a rien faire !

La vulgarité, et les propos déplacés, entre M. et V., me pose souci, dans le sens où je suis mal à l’aise au sein de leur conversation : parler de fellation, faire des blagues touchant au sexe, et ramener la moindre phrase à un contexte sexuel, et cela même devant les enfants, est particulièrement gênant pour moi. Mais je ne peux rien faire à cela.

V. nous a simplement dit une chose à propos des réunions : “tout le monde a aimé mon projet de lecture” ….  ok, le monde a aimé peut-être, parce qu’en théorie l’idée est bonne, mais en pratique comment ça va réellement se passer, j’ai bien peur qu’on passe énormément de temps a les reprendre, et à demander le silence pour avoir leur attention et lire, alors que ce n’est pas le but de l’intervention. Proposer une activité de lecture pour les volontaires, ça je trouverai simple, mais là c’est du forçage  pur et dur.

Une chose également à propos des spectacles et des sorties culturelles, il y a un nombre de places limitées, pré-réservées, pour chacun des groupes. ce qui veut dire que sur un même spectacle, nous ne pourrons emmener que cinq, sept, ou 12 enfants. lors des réunions d’alchimie, tous les responsables  ont opté pour donner les places aux plus méritants. V. nous a alors fait une scène, parce que pour elle ce n’est que reproduire le schéma scolaire, en récompensant celui qui travaille, et en excluant les autres. elle a donc décidé, qu’elle donnerait les places aux volontaires, et que s’il y avait plus de volontaires que de places, elle tirerait au sort. j’ai donc refusé de manière catégorique : d’accord le hasard  prendra la décision à notre place, mais ces techniques de tirage au sort veut aussi dire pour aller voir trois quatre et 4 dans l’année, et que l’autre, par malchance, n’ira en voir aucun !

Nous sommes donc tombés d’accord sur une alternative, tous choisiront un spectacle, mais ce qu’ils ont voir le premier, ceux qui seront tirés au sort pour le 1er, ne participe pas au tirage au sort des suivants, jusqu’à ce que tous les volontaires aient participé. je trouve que  cela est quand même plus égalitaire.

il se produit un incident aujourd’hui, mais je ne sais pas comment situer la chose. le groupe a été relativement calme, du début à la fin, mais un d’entre a déclenché l’alarme incendie :  un d’entre eux, ou une personne extérieure ?! Leur réaction fait que je me questionne beaucoup …

en réalité,  une des jeunes était dans la petite salle avec V. ,  les autres étaient avec nous dans la grande salle, et j’ai beau refaire la scène, je ne peux pas affirmer, qu’un des jeunes de ce groupe aient était dans ce hall lorsque l’alarme incendie a été déclenché … à l’extérieur, sur le boîtier incendie, un cigare avait été déposé : chose qui n’appartient pas au jeune, et une personne extérieure aurait très bien pu déclencher l’alarme, elle n’avait qu’à tendre le bras. Puisque nous n’avons pas vraiment d’informations quant au fonctionnement de l’alarme,nous allons tout de même demander aux jeunes de sortir.

Une fois sorti je leur ai demandé de s’asseoir, est là les réactions me font penser que ce n’est peut-être pas  leur faute : je leur ai demandé de s’asseoir et j’ai attendu le calme, étrangement il est apparu assez vite, en sachant que l’alarme, toujours déclenchée, faisait beaucoup de bruit. mon air était probablement sévère, puisque S., B. et M. mon tout de suite et tu dis “ je suis sûr tu vas nous engueuler, alors qu’on a rien fait on était avec toi !” alors oui dans un sens elle avait raison, la connerie était fait, ça n’allait pas changer grand-chose !  mais dans ces cas-là une petite leçon de morale n’a jamais tué personne. Je leur ai alors expliqué que l’alarme incendie était importante, j’ai dédramatiser la chose, en disant qu’ils ne l’avaient peut-être pas fait exprès, mais étrangement je n’ai eu aucune réaction, ni provocatrice, ni de regard qui se baissent : ils ont beau être des gamins de cité : lorsqu’une connerie est faite, cela reste des enfants, soit il se vante, soit ils se sentent coupables et se dénonce. là c’est aucune des deux réactions on a pu observer, et je me questionne vraiment sur leur culpabilité. pour leur faire comprendre que c’était important, et qu’il fallait faire attention à ce genre de chose, nous leur avons montré l’alarme incendie, le mécanisme qu’il allait falloir changer,certains ont dit que c’était de la perte de temps, mais tout le monde a été attentif, n’a pas posé de problème.

Lorsqu’il qu’ils sont rentrés, après l’alarme incendie, tous ce sont plus ou moins remis au travail, sur la dizaine qui était présent ce soir, 5 m’ont dit n’avoir plus rien à faire. j’ai donc demandé à M. d’aider une jeune fille en anglais, qui a de grandes difficultés, le temps que je propose aux autres quelque chose d’autre ! il a donc accepté, et j’ai demandé aux filles qui ne faisait plus rien de m’accompagner, que j’allais leur proposer quelque chose. il était alors 19h45, et comme nous n’avons pas vu V., dans notre salle, durant toute la durée de l’intervention, je me suis installé dans le hall avec 5 des jeunes, en leur expliquant qu’à la rentrée, je souhaiterais mettre en place des activités, des jeux, et que pour que cela leur plaise, je souhaiterais leur avis sur et je que je connaissais.

à ce moment-là V. est sortie, avec M., m’a coupée dans ma discussion, pour dire à tout le monde d’aller dans la salle qu’elle avait quelque chose à leur dire,  en me disant il faut que je leur parle de la lecture. d’accord, mais j’avais quelque chose à dire, j’avais commencé, et je voulais finir : J’ai passé du temps, je me suis impliquée dans la recherche de jeux qui pourrait leur plaire,  et puisque nous n’avions pas le temps de les mettre en place ce soir, il me tenait à cœur, d’avoir au moins leur avis sur ses activités.

J’ai donc dis à V. , qu’elle avait qu’à aller dire aux autres de ranger,le temps que je finisse avec ce groupe, elle a rechigné en me disant que que c’était important de parler du projet de lecture, et qu’il fallait vraiment le faire, qu’elle n’aurai pas le temps ….. et blablabla….

Mais je ne lui ai pas donné raison, j’ai fini d’expliquer mon activité “Coude- genou” en l’imageant avec S. assise à côté de moi. Toutes, ont trouvé ce jeu bien, elles m’ont toutes dit que ça devait être drôle, et à la question, “est-ce que ça vous plairait de le faire?”,  la réponse a été oui : le but pour moi est donc atteint ! Sa. a même pris la parole, pour redéfinir les règles, et être sûr d’avoir bien compris.

Je n’ai donc pas voulu exagérer, et n’ai présenté que ce jeu-là, en disant aux filles de rentrer car V. avait quelque chose à leur dire.  il a fallu plusieurs minutes pour que V. obtienne le silence : C’est moi qui ai réussi à l’obtenir en demandant aux filles de se taire.Elle a donc demandé à chacun, s’ils avaient des livres obligatoires à lire, et dans la majorité tous en donner un titre. Puis elle  a expliqué comme mardi le principe de 5 minutes de lecture par séance : le groupe a été moins réticent que le groupe de mardi, mais il n’a pas non plus été très enthousiaste ! j’attends de voir ce que cela peut donner, mais j’ai vraiment peur que les 5 minutes se transforme en demi-heure !!

la jeune fille qui était en peine avec son anglais, et qui en réalité n’avait fait qu’une seule phrase avec M., m’a redemandé de l’aide le temps que V. expliquait. Je n’allais pas lui refuser, alors qu’elle a un devoir demain ! nous avons donc continué en chuchotant, à réaliser ces phrases anglais, tout en écoutant que d’une seule oreille la conversation : elle vota quand même pour un des livres,  qui a obtenu 7 voies, mais je ne suis pas en capacité de vous donner aucun des titres !!

Lorsque V. a eu terminé, tous ce sont précipités vers la sortie, ils se sont installés dans le hall :  je me suis assise avec eux, et c’est à ce moment, que je me suis dit que je pouvais expliquer mon deuxième jeu : à ce moment là je parlais donc au  groupe entier, qui m’écoutait relativement bien ! Et c’est là que M. et V. ont commencé à délirer sur une histoire d’extincteur,de manière sexuel bien évidemment, et ont agité les jeunes, pour quelque chose qu’ils ne comprenaient même pas !  J’ai donc eu plus de mal à obtenir un retour au calme, Mais j’ai pu expliciter le second jeu, à savoir “ il était une fois” : je ne l’ai pas appelé comme ça, je leur ai juste expliqué le principe, c’est-à-dire qu’il aurait chacun des papiers, avec inscrit des objets, des lieux, les personnages, et que pour gagner, il fallait être le premier à placer ces cartes dans l’histoire. J’ai pris l’exemple de la sorcière, en faisant la phrase “ la sorcière est méchante”, et je leur ai dit par exemple la personne d’après, qui aura le mot château, devra faire une phrase. Et c’est D. qui m’a répondu “ Ouais la sorcière est méchant et elle vit dans un château”. le principe était compris, et les jeunes enthousiastes, J’ai gagné la partie ce soir.

S. m’a même proposé un autre jeu, celui où on colle un mot sur la tête de quelqu’un, et que les autres doivent faire deviner le mot à cette personne. C’est un jeu assez ludique, rapide à mettre en place, et je pense que nous le ferons !

Je leur ai donc proposé, qu’à partir de la rentrée,  si leurs devoirs été réalisé dès le début de l’heure, qu’ils ne traînent pas à se mettre en place, alors je leur proposerai une activité différente à chaque intervention :  j’ai donc reçu de leur part des réactions très positives, ils m’ont fait prendre conscience que je dois croire en mes projets, que malgré les avis de M. et V. , je dois continuer !  Parce que c’est les jeunes qui compte, tout simplement.

Il était 19h moins 2, quand je me rendis compte que V. n’avait pas mentionné le projet de cuisine, et qu’il fallait le faire avant qu’ils partent : je leur ai demandé 2 minutes attention en plus, chose que j’ai reçu de manière très rapide. je leur ai donc expliqué qu’il y allait avoir des interventions de personnes extérieures, et que pour rendre ça plus intéressant pour eux, on allait leur proposer un atelier de cuisine en parallèle de l’intervention :  les garçons n’ont pas témoigner de réaction visibles, mais les filles en tout était en accord avec cette proposition : plein d’idées on surgit de la tête de tout le monde, en laissant place à un petit brouhaha, mais un brouhaha positif ! je leur ai donc demandé, pendant les vacances, de réfléchir à des menus, à des plats qu’ils aiment,qu’ils savent faire, pour qu’on puisse à la rentrée faire le point, et avancer sur ce projet. c’est donc sur cette note positive, que nous nous sommes souhaiter de bonnes vacances, et qu’ils sont partis.

Ce soir, il était plus de 19h10, que D. et M. était toujours présentes, Diana discutait musique avec M., je discutais avec M., puisque elle m’a expliqué ce soir, que d’habitude ils font des goûtés à la veille des vacances,  je lui ai donc expliqué qu’on ne savais pas tout ça, et qu’il fallait nous le dire : et lui ai promis, ainsi qu’aux garçons, que chacun ramènerai quelque chose pour les vacances de Noël, et qu’on ferait un goûter avant de partir !

ce soir j’ai fait quelque chose de plus, que je n’aurais probablement pas dû, mais qui ne me coûtait absolument rien.  aujourd’hui j’ai un cross, d’1 km 700, Ils sont tous arrivés très fatigué, mais M. particulièrement, puisque elle semble s’être fait une entorse, ou un claquage à la cheville. Elle m’avait donc déjà demandé pendant la séance, s’il était possible que quelqu’un la ramène chez elle, je ne lui avait pas ouvertement répondu, mais à 19h10 ma décision était prise :  je lui ai expliqué que c’était la première et la dernière fois, mais que je la ramenait. son immeuble était sur mon chemin, dans la voiture nous avons parlé de mes études, et du fait que je n’aimais pas trop la ville, donc c’est quelque chose qui l’a faite sourire ! En quittant la voiture, elle m’a souhaité de bonnes vacances, et m’a remercié de l’avoir déposé … je ne suis même pas sûr qu’un gosse de riche soit aussi poli !

En tout cas je suis heureuse du résultat de ce soir, presque fier que ce que je propose leur plaît, et je suis à présent persuadé, que malgré les tensions et la complexité de travailler avec eux, le lien et la relation que nous avons créé en l’espace de 2 semaines, va encore évoluer positivement tout au long de l’année, je pense même que ce n’est pas eux qui vont apprendre de moi, mais moi qui vais apprendre d’eux !

J’appréhende un petit peu l’intervention de demain soir, l’échec grisant de mardi me fait peur, en réalité j’ai peur que cela recommence !  Mais si ce groupe est en adéquation avec mes idées, pourquoi l’autre ne le serait pas ?! même s’il faut que je pose des conditions plus strictes, je pense que les jeunes pourront apprécier les activités,et ferais tout pour trouver quelque chose, qui les intéresse. tout simplement, parce qu’à partir du moment où ils sont conscients qu’on essaye de faire quelque chose pour eux, alors le tour est joué !

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Mardi 16 Octobre

Ce soir je ne sais pas quoi penser, ils ont tous été, sans exception, exécrable. Si vendredi dernier, je les avais qualifié d’ange, aujourd’hui ils ont pris le rôle de démon. J’ai beau rejouer les scènes dans ma tête, je ne parviens pas à comprendre leur comportement. Ce soir, tous sont arrivés un petit peu en retard, à part Inès. Elle avait un exercice d’SVT, qu’on a réalisé  ensemble dans la première demi-heure. tous les autres, nous ont déclaré avoir rien à faire, ce qui est peut-être vrai, mais ce qui probablement faux. c’est à partir du moment où ils ont franchi la porte, que tout est parti en vrille, sans vraiment qu’on puisse s’en rendre compte.

Pour commencer, une des jeunes filles, qui n’était pas inscrite dans ce groupe mais dans celui du lundi, qui n’est pas venu depuis le départ, est venu aujourd’hui pour “ accompagner” une de ses camarades, qui elle vient depuis le départ. V. lui a donc dit de partir, quelle n’avait rien à faire là :  et cette jeune, probablement en 4e, n’a pas vraiment bien pris la chose. elle s’est donc énervée, est sortie, mais à continuer à tourner dans les parages durant toute l’intervention. Ce soir beaucoup de jeunes extérieurs sont venus faire intrusion au sein de l’intervention, ce qui en soi n’est pas problématique, mais qui le devient vite, lorsque nos jeunes dialoguent et se chamaillent avec eux.

En soi, je pense que nous sommes tout à fait en faute : Si les jeunes s’agitent, et partent dans tous les sens, c’est qu’on ne leur propose rien, rien de concret, pour les occuper. Mais un problème se pose rapidement, on ne peut proposer une chose qui convienne à tous, notamment dans ce groupe, où il y en a forcément un qui va rejeter notre idée, et démotiver les autres. Dans ce groupe, c’est S. et A. qui sont à l’origine de la majorité des problèmes :  en tout cas c’est eux que l’on reprend le plus.

S., est la figure du cancre, et il s’applique à conserver ce rôle. Il est toujours dans la provocation, ne fait que ce qui lui plaît et  va répondre de manière agressive, violente, à tout ce qu’on lui dit. Je pense que c’est l’un des jeunes qui aura le plus de difficultés à s’intégrer dans la vie sociale. Mais A., je ne comprends pas. Il a l’air d’être un garçon intelligent, et je pense qu’il se donne un rôle à jouer, une façade, mais je ne sais pas pourquoi. Il est l’opposé d’I., sa sœur. A. est tout de même plus “gérable”, dans le sens où lorsqu’on propose quelque chose qui lui convient, il va participer et apprécier. mais son problème, c’est le rapport à l’autorité, c’est le fait, que dans tous les cas, il veuille avoir raison.

En arrivant, et en attendant que les jeunes arrivent, V. nous a demandé notre avis sur une idée, un projet qu’elle avait pour le dispositif : elle souhaite mettre en place un temps de lecture à chaque intervention. Elle n’a pas réellement détailler son projet avec nous, M. lui a dit qu’il était pour, et je leur ai répondu, que je ne savais pas si ça allait les intéresser, que je n’étais pas sûr qu’il apprécie la lecture. V. m’a clairement répondu, que de toute façon il n’aurait pas le choix … visiblement moi non plus !

Elle a également décidé aujourd’hui de faire un petit tour les opinions de chacun vis-à-vis du dispositif, et leur demander ce qui leur plairait. L’idée était très pertinente je trouve, et ce qui est ressorti le plus de ces entretiens, c’est le besoin de plus de jeux, comme le UNO par exemple. et certain voudrais un soutien, une réexplication de leur cours dans certaines matières.

A ce moment précis, tous les jeunes étaient dehors, en train de ne rien faire, discuter et se chamailler étant leurs principales occupations. nous étions donc tous les deux avec Mario, dehors, en train de faire littéralement, du “gardiennage”. “ t’assois pas sur la voiture” “ va pas sur la route” “ reviens vers la s’il te plaît” “ écoute-moi quand je te parle”, sont les phrases qui ont tournés en boucle durant un bon moment.

V. m’a demandé de la rejoindre, pour discuter avec moi de la notion des “cours particuliers”, une jeune fille voulait en physique-chimie, pour l’aider à remonter sa moyenne. En me demandant si j’étais d’accord de lui consacrer un peu de mon temps à chaque séance. Ce que j’ai accepté bien sûr.  M. est venu nous voir, pour nous demander si l’une d’entre nous pouvez venir l’aider, car il pensait que ça allait dégénérer très rapidement. Je suis donc ressortie avec lui dehors, et demandé aux jeunes de se regrouper, qu’on allait leur proposer quelque chose. M. qui ne semblait pas avoir beaucoup d’idées, se tourna vers moi en me demandant si je pensais à quelque chose. Mais l’agitation du groupe, et la violence de certains, ma fille reculer quant à l’idée de leur proposer le jeu du “nœud humain”.  M. leur a proposé un jeu de cartes amélioré, ils ont également refusé. Tous voulait rester dehors, et un d’entre à proposer un loup ! Jeu auquel je n’aurais même pas pensé vu leur âge, mais qui visiblement convenait à une partie d’entre eux. C’est donc 6 ou 7 des jeunes qui ont fait une partie sur le terrain d’herbe à côté du préfabriqué.

Je pense que M., tout comme moi, étais fatigué de la situation :  mais ce que je peux noter à présent, c’est le comportement des jeunes vis-à-vis de cette activité :  le temps que certains ont jouer, notamment I., A., M …,les autres, qui aurait pu continuer de vaquer à leurs propres occupations, c’est-à-dire s’agiter dans tous les sens, et jouer avec nos nerfs, ce sont littéralement “ poser sur une voiture” et ont regardé les autres jouer : Comment analyser cela…? le fait de regarder quelque chose qui se passe leur suffit… ils refusent de participer à ce qu’on leur propose, ce qui nous freine dans la réalisation de nos projets, mais ils ne semblent pas être exclus, ou pénalisés, si les autres jouent sont eux. au contraire c’est quand le jeu du loup a commencé, que tous ceux qui ne jouaient pas se sont apaisées : assis sur une voiture, certes, mais au point où nous en étions, ce n’est qu’un détail. ils ont joué à peine une dizaine de minutes, lorsque  V. nous a demandé de rentrer : se pliant aux ordres, nous nous y sommes pris à deux fois pour les faire rentrer, mais je pensais que cela serait plus complexe. tous, autant ce qui jouaient, que ceux qui ne jouaient pas, sont rentrés sans faire trop de vagues.

Et c’est là que V., a décidé d’exposer son projet, malheureusement les jeunes n’était pas en position d’écoute : pour certains ils venaient de courir, de s’agiter, et tous avaient envie de rentrer chez eux. Mais V. quand elle veut quelque chose, elle l’obtient, mais cela de manière pas toujours pédagogique !  avec M., nous avons donc demandé à tous les jeunes de s’asseoir, de se poser, et d’écouter V. : je suis consciente que les interventions des jeunes à l’extérieure, par la fenêtre, était perturbante, même dérangeante. Mais V. s’est focalisée sur eux,le temps que les jeunes étaient calme ( relativement). Mais plus le temps passait,  et plus l’agitation revenait : dans un sens pourquoi demande t-on a des jeunes qui ne peuvent pas rester en place de garder le silence pendant plus de 5 minutes ? et cela a duré encore plus que ça, puisque à chaque fois qu’il y avait un bruit quelconque, elle s’arrêtait, et reprenait sa phrase quasiment au début.

En résumé, elle leur a demandé si certains lisaient à la maison. La réponse fût un catégorie non, qui était à prévoir. Elle s’est donc tournée vers les lectures obligatoires, imposé par le collège, pour savoir ce qu’ils avaient à lire : les 5 livres qui ressortir de cette idée, dans un bordel monstre on peut le dire sont, Harry Potter, Vendredi ou la vie sauvage, Les Fourberies de Scapin, Le Horla, et un autre dans le nom m’échappe.  Elle leur a ensuite expliqué, qu’à partir de la rentrée, nous allions lire, pendant 5 minutes, chaque jour, un extrait du livre qu’ils choisiront :Toujours dans un brouhaha infernal, les commentaires négatifs se sont fait entendre, mais V. n’y a pas prêté attention. Elle a donc demandé à chacun de voté, en commençant par Harry Potter : 3 mains se sont levés, dont un qui s’est rétracté par la suite, plus sa propre voie et celle de Mario. Nous avions donc un total de 5 voies, elle a ensuite énuméré les quatre autres livres, pour lesquelles personne n’a voté, puis a conclu que ce serait Harry Potter, qu’on irait à partir des vacances !  où est dans tout ça la démocratie ? Il faut quand même m’expliquer deux choses :

  • La première,  c’est que malgré le fait, que seulement 3 enfants prennent part à la situation, elle décide quand même, de manière quand même très arbitraire, de lire Harry Potter. Si les enfants n’avaient pas le choix, pourquoi leur avoir demandé leur avis ?

  • la deuxième  chose, c’est la réponse à la phrase de conclusion “ bon, alors ça convient à tout le monde ?”, où un non s’est clairement fait entendre de la part de tous, même Inès s’est exprimé, elle leur a répondu que c’était “bien une réaction de “français”, que de ne pas voter, mais de critiquer les décisions prises par la suite” …  Faut-il lui rappeler dans quel contexte socio-économique ces jeunes se trouvent ? pour la majorité d’entre eux, ils ne se définissent pas comme étant français, et c’est cette sorte d’humour qu’elle ose mettre en avant dans des situations de conflit ?!

Pour conclure sur ce point, je pense réellement que c’est une erreur de mettre en place ces activités de lecture, les jeunes ne seront pas attentif, et on ne fait pas apprendre quelque chose on ne fait pas apprécier quelque chose, a quelqu’un qui n’est pas volontaire !

En réalité j’étais presque énervée en rentrant ce soir, énervée contre les jeunes d’avoir ce comportement, énervée contre V. qui selon moi n’aborde pas les choses de la bonne manière, énervée contre moi-même qui n’est pas réussi à mettre en place quelque chose de concret ce soir, énervée, dépitée, sans réponse.

C’est donc dans un élan, presque de rage, que je me suis dit, qu’une séance pareille ne se reproduirait pas. J’étais à peine rentrée, que déjà j’avais mis en place des activités pour la séance prochaine.

Je sais que je rabâche ça, depuis maintenant plusieurs soirs, mais en réalité je recule devant le fait accompli : à chaque fois je me dis que l’activité en question ne fonctionnera pas avec le groupe. Je recule, parce que j’ai peur d’échouer, j’ai peur que les activités ne soient pas appréciées par les jeunes, que je n’arrive pas à m’imposer … mais je me dis que je l’ai déjà fait, qui ne sont pas plus turbulents que d’autres.  Alors en rentrant ce soir, j’ai préparé deux jeux, des jeux qui me semblent être adaptés à ce type de public, des jeux pour lesquels, nous n’avons pas besoin de rester assis, et où au contraire, on leur demande de bouger !

  • le jeu il était une fois, que j’ai déjà mentionné, mais que je n’avais pas préparé. j’ai donc relus les règles, fais des petites cartes, avec des objets des personnes des lieux, et je pense proposer cette activité, aux filles jeudi soir. Je pense que c’est un jeu qu’elle pourrait même réaliser en autonomie par la suite.

  • le jeu que j’appellerai “ coude- genou”, parce que je ne retrouve pas le nom !!  ce jeu consiste en réalité à placer un bout de papier entre deux parties du corps. en équipe de trois ou quatre, le but est de placer un maximum de papier, dans un temps donné. dans le groupe si je donne un papier avec une face coude, et l’autre genou, l’équipe devra se débrouiller, pour faire tenir le bout de papier entre le coup de d’un joueur et le genou d’un autre. J’ai déjà réalisé ce jeu en colo, et les jeunes avaient énormément appréciés, je me dis qu’ils ne peuvent pas être si différents les uns des autres.

Jeudi sera une petite journée pour moi, je serai donc en forme pour l’intervention, et puis ce que V. impose saisie des sans prendre en compte ni notre avis ni l’avis des jeunes, que M. ne semble pas en capacité de proposer les choses, je me dis qu’il faut que je trouve la force, et le courage de proposer au moins l’une des deux activités. Si je le fais, même si j’échoue, je ne pourrais le regretter, parce que je pourrais toujours en retirer quelque chose.  Si je ne le fais pas, je réagis d’une manière pire encore que V., en réalisant mon travail rien que pour l’argent, sans prendre des risques, sans sortir de ma zone de confort, pour pénétrer dans leur monde à eux !

C’est comme un défi que je me lance, si j’avais tant d’aisance avec le public en général cet été, je peux très bien trouver ma place au sein de ces groupes, et les ouvrir à autre chose, même s’ils y sont réticents pour l’instant.

Cette intervention reste la pire depuis le début, la plus complexe, dans le sens où je me suis senti comme dans une impasse. Mais plus la situation est difficile, plus j’ai envie de me battre, pour eux, pour le dispositif, pour les projets… Je savais que ça ne serait pas simple, j’en ai la preuve ce soir, mais en y réfléchissant, je me dis que la situation de ce soir, n’atteint toujours pas les a priori négatif que j’avais à propos de ce public …disons que la marge est encore grande et que je compte bien intervenir avant qu’ils ne la franchissent.

 

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Mardi 20 Octobre

Deux groupes, deux ambiances ! Ce n’est pas la première fois que je le dis, et ce n’est probablement pas la dernière ! Je suis très partagée de ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières séances, dans un sens je me dis qu’on ne sert absolument à rien, dans l’autre sens je me dis qu’on leur offre ce dont ils ont réellement besoin.

La séance de mardi m’a plongé dans une espace de dissonance cognitive … Je n’arrivais pas à me situer par rapport aux événements, et la fatigue ne doit pas arranger cela ! En réalité, je suis arrivée avec un peu d’avance mardi soir, une maman, celle de M-A. était présente : elle voulait savoir s’il était possible de faire du “soutien” à son fils, parce que “ il a 4 de moyenne et je sais plus quoi faire moi !”. Hum …dans un sens c’est triste, 4 en Français en 5ème, c’est qu’il a aucune base ! Et c’est d’autant plus triste que cette mère à l’air totalement désemparée. Pour la première fois, j’ai vu la détresse d’un mère, qui à peur que son enfant échoue.

V. a même proposé à cette mère, des cours particuliers avec moi, “parce que j’ai l’habitude”, mais trop de question se pose. Je n’ai pas refusé sur le coup, et la maman va essayer de faire d’autres démarches, mais comment me situer par rapport à ça ? Comment fixer un tarif quand on sait qu’ils paient 8 euros à l’année ? Comment expliquer aux autres, que je l’aide lui, mais pas eux ? Trop de questions qui restent sans réponse, et qui me laisse penser que si cette mère me recontacte je me verrais dans l’obligation de refuser.

Les garçons ont été exécrables mardi soir, il n’y a pas d’autres mots. Deux d’entre eux ont peut être fait leurs devoirs, et pour les autres, c’est parti dans des comportements bien au-delà de ce que peut faire des personnes civilisées.  Le problème est que j’ai l’impression d’être seul face à ces 15 jeunes.

Dès le début de l’intervention, les garçons ont commencé à se taper, à littéralement faire de la lutte au beau milieu de la salle. Je travaillais avec I. comme d’habitude, mais avec de l’anglais cette fois-ci. J’aurais pu prendre le temps de faire quelque chose, mais j’ai considéré que M. aurait peut être plus d’impact, surtout une capacité plus grande à les séparer. En réalité il a haussé un peu le ton, mais n’a pas été se mettre au milieu donc ça à continuer pendant un bon quart d’heure.

J’ai migré gentiment vers l’autre salle, où était V. en train de “faire des papiers”, pour que I. puisse se concentrer un peu. Un des garçons est venue nous rejoindre pour travailler un peu mais il a eu vite terminé ses exercices. Ensuite, c’est là que tout a dérapé. A. et S. ainsi que Se. ont demandé à Mario s’il était possible pour eux d’aller dehors, et avec leur gueule d’ange M. n’a pas su leur dire non. Nous nous sommes donc retrouvé avec 10 enfants dehors sur 15 : bonne moyenne !

Ils ont donc jouer au loup ….oui au loup pendant l’heure restante, dehors, alors qu’il faisait que quelques degré. Mario a été rejoindre V. dans l’autre salle où il n’y avait plus d’enfants.

Je suis restée avec deux garçons, un deux faisait des maths, je l’ai donc aidé sur cet exercice et l’autre “l’attendait”, mais il était plus dans l’optique de l’aider que de le ralentir ! C’est une chose que je pensais oublier, mais non l’entraide existe belle et bien toujours ! Quand il a eu fini, ils ont été rejoindre les autres dehors, que dire ? Eux avaient pris le temps de travailler, je ne pouvais pas leur refuser !

Mais en quittant la pièce, je leur ai demandé à qui était les affaires sur la table, mais la réponse était presque évidente : A. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai été le chercher dehors, il a d’abord eu une attitude de gros dur, puis m’a dit qu’il avait fini mais en lui répondant que j’avais vérifié dans son agenda, il n’a pas bronché et est rentré pour finir. Je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide, mais il m’a répondu que non, et est resté une quinzaine de minutes pour travailler.

C’est la seule victoire que je peux m’attribuer, au moins il aura fait ses exercices. Pendant tout ce temps, M. et V. ne sont pas venus voir ce qu’il se passait, n’ont pas jeté de coups d’oeil dehors, comme si les jeunes étaient déjà partis. Pendant une quinzaine de minutes, j’ai donc proposé à I. de jouer aux cartes, cette petite est adorable, elle dit oui à tout, donc on a joué un petit peu à la bataille avant que je me rende compte de l’heure : 18h50. La salle était en pétard et nous devions leur dire quelque chose à propos des interventions de la semaine prochaine.

Avec beaucoup de mal, nous avons réussis à les faire entrer, mais l’agitation était tellement importante que je ne suis pas sûr qu’ils aient réellement compris, ou ne serait-ce qu’entendu. Certain ont posé des questions qui sont restées sans réponses de la part de V. Ils sont donc partis, comme des sauvages, littéralement, mais avec tout de même des aux revoirs, à vendredi …C’est déjà ça. Les garçons qui avaient travaillé ont pris plus de temps à partir, comme s’ils voulaient nous remercier, à leur manière. Tout ce fait “à leur manière” de toute façon.

 

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Lundi 19 novembre : sexualité et religions

Tant de choses à dire, depuis le début des interventions, une chose me tracasse :Celle du dialogue.  Si les jeunes partagent des choses avec nous, ils ne partagent jamais de choses personnelles. ce qui se passe chez eux, c’est en quoi ils croient, ce qu’ils aiment, rien de tout cela. pourtant c’est une chose qui me tient à cœur !

Le début de la séance a été mouvementé, V. à voulu revenir sur les faits qui se sont déroulés Jeudi et à ce titre la défense des filles à été sans appel. Je pense qu’elles ne sont pas dupes, elles savent très bien qu’elles peuvent tout faire basculer, que les décisions c’est elles qui en auront la monopole. Et la réflexion de B. montre bien cela quand elle dit “houla, mais si ça commence comme ça, l’année elle va se finir très mal”. Il y a quelque chose dans le regard de cette fille qui est puissant, je sais qu’elle à compris ce que je pensais quand elle a dit ça, et son regard m’a bien fait comprendre, que oui, le message était passé, et que les fautes de certains ne doivent pas se répercuter sur les autres… En soit ce soir, M. m’a demandé des son arrivé de l’aide en mathématique pour son contrôle de demain : je me suis donc concentré sur elle, et n’ai pas vraiment aidé les autres. Pour avoir un peu de calme, je lui ai demandé de venir dans la petite salle, très rapidement la bande de filles (5) se sont retrouvée autour de la table. Ils étaient tous très agités ce soir, et malgré le sérieux de quelques unes il était compliqué de se concentrer. Nous avons donc travaillé une bonne heure dans un semblant de calme et je pense sincèrement que M. va s’en sortir pour son contrôle !

Je ne sais pas du tout ce qu’ont fait M., V. et les autres jeunes de l’autre côté, je n’ai pas eu l’occasion d’y mettre les pieds, mais les cris et le positionnement des tables me laissent penser que ce n’était pas réellement studieux.

Nous avons eu un moment de “rumeur” avec les filles, bien sur M. et V. sont venues mettre de l’huile sur le feu ! M. et moi sont à présent ensemble, plus ou moins, depuis le début cette ambiance plane au dessus de nos têtes, ça y est, c’est tombé ! Mais en soi, nous n’avons pas démenti, ni l’un ni l’autre, et laisser passer, elles peuvent penser ce qu’elles veulent.

Mais ce que je tiens à noter ce soir, c’est l’importance du dialogue que nous avons eu elles et moi. Déjà, pendant que nous avons travaillé, les paroles en arabe étaient bien plus présente que d’habitude, il est parfois compliqué de continuer d’expliquer quelque chose quand elles parlent dans une langue qu’on comprend pas, on ne sait pas ce qu’elle peuvent dire sur nous ! Elles peuvent nous critiquer ouvertement, et on ne s’en rendra pas compte ! C’est une sorte de faiblesse.

B. n’a pas travailler mais au bout d’un moment m’a demandé si elle pouvait me poser une question, et toutes les filles autour de la table sont entrées dans le jeu d’en savoir plus sur moi. B. m’a même demandé s’il était possible de ma poser une question gênante ?! Je m’attendais au pire, en réalité la question était “est ce que tu manges du porc ?”, ma réaction fut simple et ma réponse évidente “oui”. Elles m’ont donc demandé si j’étais athé, que je croyais en rien ?! d’un air plutôt choqué. Je me suis demandé un instant si fallait que je leur explique, ou si c’était juste une lubie, qu’elle n’allait même pas écouté ma réponse ! En fait elles attendaient ma réponse avec impatience, je leur ai donc expliqué que j’étais baptisé, que j’avais fait ma communion, donc que  j’étais chrétienne mais pas pratiquante, mais que j’allais occasionnellement à l’Eglise… Elles ont pris le temps de m’écouter, dans un silence religieux, si je peux le dire ! Et je ne sais pas comment la conversation à dégénéré, mais la question suivante à été “Quand est-ce que tu as fait ta première fois ?” J’étais plus choqué de cette question, posée comme ça de but en blanc, et je leur ai répondu que c’était personnel, que je leur dirais pas. “Mais tu es vierge ?” à été la question suivante … De manière générale je suis loin d’être à l’aise avec la sexualité, et particulièrement en ce moment, j’avais donc peur de dire des choses que je n’aurais pas dû. Mais j’ai essayé de jouer franc jeu avec elle, le truc qui me posait problème était de savoir comment jauger la chose, qu’elles étaient les réponses qu’elles attendaient ? Soit je passais pour une fille facile, soit je passais pour la coincée. Et en réalité elle m’ont étonné dans leur réaction :Je leur ai dis que non, j’étais pas vierge, mais que j’avais fait ça avec quelqu’un qui était sérieux, avec qui j’étais en confiance. Elle m’ont demandé depuis combien de temps on se connaissait, un mois ? un an ?, si on était toujours ensemble ? Je leur ai répondu sincèrement, sans dire quand était cette première fois. C’est aussi une manière de me protéger ! M. est arrivé à ce moment là, et elles lui ont toute demandé de partir, de nous laisser que c’était sérieux. Il est parti et nous avons repris … Le sujet a dévié sur le mariage, le fait que dans la religion chrétienne il faut également être vierge pour le mariage, B. m’a dit que pour elle c’était normal, les autres sont plus dans l’idée que vers 18 ans c’est l’âge pour une première fois …. Je trouve que c’est assez tard par rapport à l’image que j’avais d’elles. Elles jouent aux adultes …mais elles ne font que jouer, pour elles la sexualité semblent assez loin en réalité ! On a ensuite parlé des fêtes que l’on faisait, noel, pâques, et visiblement elles le fêtent aussi mais de manière beaucoup moins importante. Le fait de parler de la réaction des parents m’a aussi étonné, pour elles la sexualité est liée avec la famille : les parents vont nous “étriper” si on fait ça …alors oui peut être mais je leur ai expliqué que cela allait au delà de la religion, que moi aussi mes parents allaient me tuer si je leur apprenais que j’étais enceinte ! L’âge du mariage a aussi apporté la notion du mariage forcée à 13-14 ans, et elles sont conscientes d’avoir la chance de choisir, d’avoir du temps, et c’est quelque chose que je respecte … En parlant de bébé, le sujet à dérivé sur le déni de grossesse, parce que Sa. avait vu à la télé une fille accoucher alors qu’elle avait pas de ventre, rien, je leur ai donc expliqué que oui ça pouvait arriver, que c’était un déni de grossesse, que la fille elle avait ses règles, elle ne prenait pas de poids et pourtant elle était bien enceinte. Ce les à choqué mais B; et M. m’ont dit que c’était bien de savoir !

Lorsque nous avons fait le tour du sujet, je leur ai demandé si moi je pouvais leur poser une question, et bien évidemment j’ai eu un oui unanime. Je leur ai donc demandé si elles étaient au courant que leur collège était en ZEP. “C’est quoi une ZEP ?” fut la première réaction “Mais c’est pas une ZUP ?”. Je leur ai donc expliqué la différence, en essayant de les amener au coeur du sujet, leur faire comprendre que ce à quoi elles ont droits, n’est pas valable pour tous ! Mais ça elles en étaient consciente, Sa. m’a même dit moi mon cousin, c’est parents ils payent le collège, parce que dans le public ils ont dit qu’il était trop violent, tout ça parce qu’il a fait de la garde à vue, alors que c’était rien. Elles sont donc consciente du fait qu’il y a des différences. Mais quand je leur ai expliqué que les collèges en ZEP c’était les collèges où il y avait plus de personnes socio-économiquement faible, leur réaction à été “ouais ils nous prennent pour des pauvres ces bâtards !” Oui, bienvenue dans la réalité, mais le fait d’en parler, les a je pense rassuré dans le sens,  où, en dépit de leur différence, elles ont quand même droit à quelque chose !

Le sujet des profs est alors arrivé : quels rapports elles avaient avec leur prof, Sa. m’a dit moi ma prof de Français c’est la meilleur, je la kiff trop ! B. à tout de suite dit, pff de toute façon ils sont racistes, et les autres, plus mitigés, ont donner les pour et les contre, en disant que ça dépendait des profs, mais qu’il y en avait qui était vraiment nul, qu’il attendaient des fois pendant des heures debout dans le couloir, sans pouvoir re-rentrer dans la salle de cours …

Ça a également été l’occasion pour moi de parler du conflit avec V. et de dédramatiser la chose, de leur dire que c’était normal qu’elles aient plus de facilité à communiquer avec moi et M. qu’avec V., elle était plus âgée (59ans), elle n’avait pas la même manière de concevoir les choses ! Mais le lien entre le groupe et V. est définitivement mort je crois. Je veux bien faire des efforts, aller dans son sens, mais j’y arrive pas ! J’ai beau ne pas lui saper son autorité, je n’arrive tout de même pas à penser comme elle.

Ce soir il était 19 heures passé et personne ne voulait bouger, autant les filles de mon côté que les garçons de l’autre, d’ailleurs un d’entre eux n’avait pas fini ces maths ! Quand je suis passé dans le couloir, vers 18h45, les filles m’ont demandé si on pouvait jouer au jeu de la dernière fois, je leur ai demandé l’heure, et elles m’ont dit, à bah non c’est trop tard, on pourra faire la prochaine fois ? Bien sur, qu’on pourra !

Ce soir, c’était une victoire pour moi, une victoire dans le sens où elles m’ont écouté, elles ont partagé sur leur culture, leur croyance, leurs envies, et quoi qu’il se passe à présent, je pourrais avoir autorité sur elle. Avant de partir j’ai dit a B.” “Chaise” en claquant du doigt, pour lui demander d’aller la ranger. Elle m’a “obéit” sans même réfléchir, et c’est Sa. qui à relever la chose en m’imitant, mais pas méchamment, et B. à dit, “merde, j’ai même pas remarqué, sinon ce que j’taurais mis ! ” Mais elles savaient très bien que c’était rien. J’ai demandé à M. de ranger le papier de gâteau qu’elle avait laissé sous la table, une fois elle à ramassé un bout. Je me suis déplacé pour lui dire d’aller ramasser l’autre bout, elle n’a pas rechigné …ça prouve bien que c’est pas de la méchanceté qu’ils ont, ils ont juste leur monde, et il faut avoir des critères bien précis pour pouvoir y entrer.

Les réactions de V. sur le thème de la sexualité sont encore à l’opposé de moi, pour elle se serait normal qu’elles se “touchent”, qu’elles puissent être libre, qu’on est plus dans les années 50, moi je suis pas d’accord … Elles nous a quand même dit ce soir que s’ils n’étaient pas capables de faire une croix tous les soirs pour émarger, c’est bien qu’ils étaient musulmans, que c’était trop leur demandé ! En ça devant les jeunes, elles ne le dit pas, mais ça se ressent tellement !!

J’espère simplement que ça ne viendra pas miner la relation que j’ai réussi à construire avec les filles ! Parce que oui les conversations sont mouvementées, bruyantes, parfois vulgaires mais elles savent aussi être sérieuses, curieuses, volontaires. Ce soir, c’est le premier soir je crois que je suis fier de la relation établie, que je prend conscience de l’importance de mon rôle au sein du dispositif.

 

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Jeudi 15 Novembre

La journée à été longue, très longue, la fin du semestre se fait sentir et les travaux de groupe nous accapare énormément. C’est donc fatiguée et la boule au ventre que je suis intervenue ce soir. La boule au ventre, car je ne savais pas vraiment dans quelle optique, les jeunes avaient quitté le local, et encore moins ce qu’il s’était réellement passé ! Dans un sens j’avais peur, dans l’autre je voulais savoir, je voulais avoir le fin mot de l’histoire, leur version de l’histoire. En réalité, je n’ai pas pu avoir cette version, parce que personne n’a abordé le sujet de cette dispute.

V. a fait plusieurs allusions avec M. que je n’ai pas forcément comprises. A ma grande surprise, les filles ont particulièrement travaillés, en début de séance, sans même qu’on leur demande ! Ce qui prouve bien, qu’elles sont un minimum assidues. Certaines n’avaient rien à faire mais n’ont pas voulues jouer, avec les jeux de société, qui pourtant étaient une de leurs demandes. Elles se sont “posées” et on discutées, d’une manière assez conviviale et pas si bruyante que ça. Cela a bien duré ¾ d’heure, mais une fois les devoirs et leçons apprises le calme s’est envolé. Avec Mario, nous sommes restées dans la petite salle avec quelques jeunes, beaucoup faisaient des exercices d’espagnols et d’anglais. J’étais notamment avec Sa. qui a de grande lacunes au niveau scolaire, et principalement en anglais.

Sa. est une jeune fille qui à un réel manque affectif, et qui n’arrive pas à se situer. Sa soeur Ib. est sur le point de quitter le dispositif, c’est elle qui était à l’origine d’une majeur parties des problèmes l’année passé et on a donner la possibilité à la maman de la réinscrire cette année, mais je ne pense pas que nous allons continuer, puisque son comportement à un impact négatif sur tout le groupe. Sa. à même demandé s’il était possible d’être dans le groupe opposé à sa soeur, ce que nous lui avons accordé, depuis son comportement est beaucoup plus studieux, attentif, presque exemplaire.

Nous avons donc toute les deux fait de l’anglais, mais son niveau très très faible fait qu’il est compliqué de reprendre les bases sur tous les sujets. Elle est en 5ème mais est incapable de savoir que in veut dire en ou que but veut dire mais … Le fait qu’elle soit à la ramasse n’aide pas au point de vue comportemental, mais il y a de réels efforts.

Pendant ce temps V. était de l’autre côté, avec les filles. Le bruit était de plus en plus important et j’ai donc décidé d’aller jeter un oeil : et là je fus surprise, presque choqué de voir ce qu’il était en train de se passer. Le groupe de 5 ou 6 filles était en train de jouer à Colin-Maillard. J’ai donc souris en voyant ça, dans un sens elle se prennent pour des adultes, et de l’autre elle joue à des jeux qui ne pourraient pas être misent en place avec des jeunes de leur âge ! Je n’ai pas vraiment d’expérience certes, mais avec le club ado, qu’on à pu réaliser cet été au camping, on était loin de ce genre de jeux, et même des choses plus construites, plus “matures” ne leur suffisait pas ! Alors je suis tombé de haut en voyant ça, mais je me dis que c’est peut être pas si mal qu’elles retournent en enfance de temps en temps !

Certaines en avaient marre de jouer à ce jeux, et ont donc voulu changer. C’est avec le ballon que j’avais apporté pour la séance, qu’elle voulait faire quelque chose : j’ai donc voulu leur proposer un jeu, et je me suis confronté à une barrière, en réalité elle voulait être auteur de leurs décisions, elles ne voulaient pas que je leur impose quelque chose ! Je ne sais pas si c’est qu’elles ne voulaient pas prendre le temps d’intégrer des règles, ou si elles souhaitaient seulement la paix, mais elles ont finis par jouer à “un facteur n’est pas passé”. Vous allez me dire que le niveau de ce jeu est pas beaucoup plus haut, voir plus bas ! Mais de quels droits on peut leur dire que ce n’est pas adapté ? J’ai l’impression que si elles sont toutes d’accord pour ce genre de choses, c’est qu’elle en ont besoin, d’une manière ou d’une autre.

Après avoir eu la confirmation que le jeu de la dernière fois (coude-genou) leur avait plu, elle m’ont clairement dit qu’elles voulaient jouer toute seule, ce qui en soit ne me posait pas de problème !

Je suis donc retournée soir Sa. on a continué un peu l’anglais, puis elle a rangé ces affaires, puisqu’il était déjà 18h50 heures, et que V. à demandé à tous d’aller nettoyer les tables et passer le balai. Sa camarade à côté devait apprendre une leçon de maths pour le lendemain, j’ai donc pris 2 ou 3 minutes pour lui poser des questions sur les fractions et les priorités de calcul, à la fin de sa leçon, je lui ai dis que c’était parfait, qu’elle connaissait toute sa leçon. La réponse à été un “ouf” qui en dit long … Je ne connais pas les résultats de cette petite, mais elle semble très attaché à sa scolarité et à se réussite.

En sortant de la salle, je m’attendais à trouver le hall vide, puisqu’il était 19 heures, mais en réalité 4 filles étaient encore présentes : Elles discutaient avec M. et V. en attendant 19 heures, V. étaient en train de les fâcher plutôt catégoriquement mais je ne savais pas pourquoi, donc j’ai laissé passer ! V. est ensuite aller rangé ses affaires et avec M. nous en avons profité pour discuter avec B. et Sa. de l’année dernière, de comment s’était et surtout ce qu’il s’était passé, pour qu’il y est un tel sentiment négatif à propos de l’année passé. On a donc appris que les intervenants étaient très peu attentif à la demande des jeunes, Sa. nous a dit qu’ils avaient dit devant tous les autres que de toute façon elle mettait 3 heures à comprendre un exercice, que ça servait à rien de lui expliquer quelque chose ! Même si ce n’est que ça version de la chose, ça correspond avec ce qu’on a déjà pu entendre, malheureusement.

Les filles sont parties, mais on a senti qu’elles n’en avait pas forcément envie, elles avaient l’air bien ici avec nous ! Quand elles ont été partie, V. nous a demandé de venir parce qu’elle trouvait intolérable le comportement de ce soir. En réalité pour moi, la séance c’était bien passé, alors je comprenais pas pourquoi elle avait quelque chose à redire. En fait, une des filles n’a pas voulu passer le balais, et lui a répondu qu’elle était payé pour le faire !

Forcément, ça fait mal …Mais qui a totalement tort ou raison dans cette histoire ? Elle est payé pour le faire c’est une affirmation, elle ou nous, mais en tout cas, ce n’est pas forcément aux jeunes de la faire, un volontaire, et il y a, pourquoi pas ! Mais on ne va pas en plus les forcer à balayer… Je sais pas plus le temps passe, et plus je me dis qu’il y a réellement des écarts dans la vision que l’on a de ce travail d’accompagnement. Je ne sais pas qui de nous deux à raison, je ne sais pas non plus si il y a la vision et les méthodes parfaites, je ne pense pas, mais ce qui me fait peur, c’est que nous n’arrivons pas à nous entendre sur l’ambiance qu’on veut mettre au sein de ce dispositif !

 

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Lundi 13 et Mardi 14 Novembre

Je n’ai pas pu intervenir le lundi 13 novembre, tout simplement car un de mes cours, que je ne pouvais annuler se chevauchait avec l’intervention. Dans un sens, je me suis beaucoup questionné, sur le fait d’y aller ou non, de participer à ce cours ou non, mais j’ai opté pour la fac … Les études avant tout …

En réalité lorsque je suis arrivé hier soir (mardi) pour l’intervention, je me doutais que j’aurais le compte rendu de la séance de lundi sans même la demander. Mais je ne m’attendais pas à ça ….du tout. Lorsque je suis arrivé, V. et M. était présent, d’habitude M. est toujours en retard. Ils étaient tout les deux en train de discuter de la séance d’hier : ils étaient tout les deux dépités en se remémorant la séance de lundi. En réalité, je me suis presque sentie fautive sur le coup. Selon eux, les filles n’avaient rien à faire, elles ont donc eu un comportement horribles, même les garçons à ce qu’ils m’ont dit ! Elles ont parlés à V. de manière assez violente, une d’entre elle à même mis un “coup de pied” à  la cheville de V., le ton est monté, la séance était finie. Elle se sont enfermées dans les toilettes, ont apparemment fait des choses pas très catholiques (désolée pour le jeu de mots ! ), ont regardé des vidéos pas non plus hyper propres, mais qu’elles ont étés les réactions de M. et V., ça je ne le sais pas ….encore ! Mais j’espère bien avoir le retour des filles jeudi soir.

En réalité, je pressentais ce type de réaction de la part des filles, sur les 15 normalement présents le lundi, au moins 8 travaillent avec moi, donc forcément si personne n’a pris en charge ces 8 personnes cela à tourner à la catastrophe …ou presque ! Dans un sens, je ne veux pas critiquer, j’essaye d’être objective, mais je me dis que ces jeunes avaient probablement des raisons de partir dans ce genre de comportements !

V. à été jusqu’à me dire qu’ils avaient été raciste envers elle, qu’il leurs avaient parlé comme “à des petits blancs” et qu’elle voulait que le service civique qui va nous rejoindre soit “ arabe”, en tout cas pas blanc … Sur le coup, je n’ai pas réagi, et de toute façon je n’aurais pas mon mot à dire, mais c’est quoi ça ? On n’a pas assez de jugements, de réactivité, de pédagogie pour surmonter ça ? Dans un sens, encore je leur trouve des circonstances atténuantes, mais elles ne vivent que dans le racisme, elles ne répondent que par ça, tout le temps, est ce que c’est vraiment étonnant ? Est-ce que ce n’est pas à nous de réagir de manière adapté ? Je ne sais pas comment aborder la séance de jeudi du coup, je les avait quitté sur des points hyper positifs, avec la proposition du jeu “coude-genou”, et la je vais les revoir dans une ambiance et un contexte totalement différents, de part les événements qui sont survenus en mon absence ….En espérant que je sache trouver les mots.

La séance d’hier s’est déroulé de manière étrange, encore une fois, mais pas négativement. Les jeunes sont arrivés assez tardivement, sauf I. . D’ailleurs, j’ai proposé à I. de venir les jeudi, plutôt que les vendredis puisqu’elle fait partie d’un autre programme, et elle semble plutôt contente de cela, puisque selon elle, elle aurait choisi en fonction de si elle avait beaucoup de devoir ou non, mais je trouvais ça anormal de choisir entre quelque chose liée à la famille, et quelque chose liée à la scolarité !

Les autres sont arrivées vers 17h45, mais sont restés dehors (avec M. en train de fumer). Il leur a proposé de jouer au freesbee avec des bouts de papier, mauvaise idée, ils ont joué dehors une quinzaine de minutes, en ouvrant les portes et les fenêtres et en refusant de rentrer. Le problème est que lorsqu’ils sont entrés, ils étaient énervés, excités et ont commencé à se tapper : S. entre autres et un autre.

J’étais en train d’expliquer quelque chose à Mo. et I., je n’ai donc pas vu toute la scène, mais Mario à pris Sofiane pour aller discuter dans l’autre salle, V. à discuter avec un autre dont le nom m’échappe toujours. Le seul problème, c’est je pense, qu’ils ont envenimé les choses : Un était très mal après cette discussion et à bien passer une bonne heure assise sur cette même chaise que V. lui avait donné en début de séance … Elle a menacé d’appeler les parents, des deux mais également d’autres. Au cours de la séance elle à fait le tour de tous les enfants pour savoir si oui ou non elle allait les convoquer …? Pourquoi ? Un fait une connerie donc on les punit tous ? On n’est pas prof, loin de là, on n’est encore moins leur père, on n’a pas le droit de jouer sur cette peur qu’ils ont de la famille, c’est comme ça qu’on détruit encore plus la relation !

Je suis restée, à discuter, jouer avec I. et M., une bonne partie de l’heure, les autres étant avec M. dans l’autre salle, en train de travailler pour une majorité ! Pour une fois que les rôles s’échangent je n’allais pas m’en plaindre ! Il était à peu près 18h30 quand M. est arrivé avec tous les autres, ou une grande partie pour commencer à jouer au Dixit, ils ont installées le jeu et j’ai proposé aux deux qui jouaient avec moi depuis une heure s’ils voulaient les rejoindre pour changer un peu. Ils étaient tout les deux d’accords, et j’ai donc pu aller voir de l’autre côté ce qu’il se passait ! Un était encore présent dans la salle, en train de faire de l’anglais, seul, je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide, il m’a répondu que oui, pourquoi M. est alors partis s’il y avait encore de la demande de la part des jeunes ? J’ai donc continué le travail en anglais avec ce jeune, c’était plus de l’accompagnement, de la présence, que de l’aide à proprement parlé, mais cela ne me dérange pas ! Ce jeune est hyper appliqué, attentionné, il écrit très bien, pose des questions, veux apprendre et ça se voit.

Pendant ce temps, I. est arrivé à 18 heures 20, donc V.  lui a demandé de repartir, qu’elle ne pouvait pas l’accepter. Avant, elle avait appelé ses parents pour signaler son absence qui n’avaient pas répondu.  Cela à lancer le débat des horaires, certains m’ont appris que l’année dernière, ils venaient quand ils voulaient, s’il ne venaient pas s’étaient pas grave, et ils repartaient un peu quand ils voulaient aussi …donc forcément à côté, on paraît très rigide, même très strict !

I. à monter le ton en disant que c’était pas normal, qu’elle était pas au courant, qu’elle avait quand même le droit de manger, de goûter avant de venir. Elle à été de l’autre côté avec M. puis est passé dans le hall, à charger son portable et faisait des croches pieds, des gamineries à ceux qui passaient. Elle A récupéré, je ne sais pas par qu’elle moyen mon jeu de uno que j’avais donner aux garçons. J’étais avec le jeune pour l’anglais lorsque je lui ai demandé de me le rendre, elle était au téléphone, en train de poursuivre un autre, et m’a littéralement fermé “la porte au nez”. J’étais en train d’aider le jeune, donc je n’ai pas relevé plus que ça. Lorsque V. est arrivé je lui ai demandé s’il était possible qu’elle récupère mon jeu, ce qu’elle à fait, mais cela à relancer le débat, sur le fait qu’elle n’avait rien à faire là. V. à rappeler la famille qui n’a pas répondu (on semble parler à un mur ! ). Le cas d’I. semble être connu puisque les jeunes nous lancent des “ha ça y est elle fait sa crises !”, donc j’en conclu que c’est fréquent, mais problématique.

Les jeunes n’ont pas joué longtemps au Dixit avec M. puisqu’ils étaient tous en train de faire n’importe quoi, ils sont partis vers 18h50, et un à passer sa tête dans l’encadrement de la porte, pour dire au jeune qui travaillait avec moi, que c’était la fin… Il lui a dit oui, et s’est replongé dans son exercice. Il ne comptait pas partir avant d’avoir fini, et cela s’est vu. En une vingtaine de minutes nous avions terminé donc cela prouve que M. aurait pu y prêter un petit peu plus d’attention. Je pense que le truc qui me rapproche de ces jeunes, c’est également ça, je les aide quand ils en ont besoin, je les fait pas chier pour une broutille et je leur propose autre chose !

En fait je répond à leurs besoins, qu’elles qu’ils soient, et c’est la démarche je pense à utiliser ! J’ai peur de perdre ces réactions avec les réflexions et les difficultés qu’ont M. et V. envers mes actions et mes comportements, mais je sais pourtant que c’est la clé.

Je ne me vois pas hurler sur les jeunes parce qu’ils sont montés debout sur la chaise, ou qu’ils ont dit un mot plus haut que l’autre … je veux m’amuser avec eux, prendre du temps pour les connaître, leur faire découvrir des choses, je ne veux pas que ces interventions deviennent un calvaire, autant pour eux que pour moi.

J’attends donc avec impatience la séance de jeudi, impatience et boule au ventre, ces deux sentiments qui me portent depuis le début, et qui pourtant n’ont jamais eu lieu d’être !

 

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Jeudi 8 et Vendredi 9 Novembre

Deux dates, 2 jours, 2 interventions.  Je n’est réellement pas eu le temps de faire le point sur la séance de jeudi, qui était pourtant l’une des meilleures depuis le début.  Et au lieu de rattraper mon retard, je vais plutôt faire un comparatif entre les deux groupes, entre les deux interventions !

l’intervention de ce soir était particulière, dans le sens où S. était présente au début de l’intervention :  elle nous a apporté une dizaine de jeux de société, ce qui a impacté la séance de manière non négligeable. Elle n’est restée qu’une dizaine de minutes, et n’a pas fait de remarques particulières.

Les jeunes sont arrivés beaucoup plus tard ce soir qu’hier : mais je ne sais pas vraiment pourquoi, ce groupe est plus masculin, il sont moins “scolaires”, mais sont pourtant content d’être là, mais je pense qu’ils ne veulent simplement pas être les premiers.

Hier, j’ai beaucoup travaillée avec D., cette petite est ultra appliqué, elle travaille énormément et devait partir à 18h30. Je me suis donc consacré à son devoir et à ses questions. Je lui as donnée des pistes mais n’est pas fait à sa place. Avec une autre des filles, j’ai fais de la SVT, quelques chose à rendre sur les volcans effusifs et explosifs. J’avais entre 5 et 6 filles avec moi, elles ne travaillaient pas toutes mais comme l’ambiance était raisonnable je n’ai pas eu le coeur de leur demander de partir. M. était de l’autre côté, mais je ne sais pas ce qu’il a fait avec les autres filles – visiblement pas grand chose, lorsque je venais dans la salle, elles étaient en train de se chamailler, de manière assez violente je trouve. Une des choses que m’a choqué c’est que moi j’essaye de tenir partout alors qu’eux se posent à une table et discutent …

Ce soir ce comportement ne s’est pas représenté : en revanche V. à “fait du rangement”, des “papiers” mais n’a aucunement réalisé des choses avec les jeunes. Je ne dis pas qu’elle doit à tout prix les aider scolairement, mais même les dialogue sont absents ! M. est resté une bonne partie du temps, jusqu’à 18 heures 30 avec la partie “complexe” des jeunes, à savoir A., S. et d’autres. En tout début de séance j’ai aidé Sofiane sur de la SVT et un jeune à faire de l’anglais, un petit questionnaire. J’ai noté, que malgré les apparences, S. a eu 16 au dernier d’SVT, ce qui ne colle vraiment pas avec son comportement … Dans un sens, il me fait presque pitié mais je ne sais pas comment l’aider !

Hier si nous avons passé 1 heures à travailler, aujourd’hui j’ai passé 1 heure à jouer avec eux : avec 3 d’entres eux plus précisément, d’abord au “Haut-vienne-oie”, qui est un jeu de l’oie mais avec des questions sur la haute vienne. Ce jeu est complexe mais ils ont quand même apprécier les défis je pense. Ensuite on a fait deux parties de bataille à 4.

Hier soir j’étais en réalité extrêmement fatigué, après une grosse journée, mais à 18h30, toutes les filles avaient finies leurs devoirs, n’avaient pas de questions et personne n’a rien proposé ! Ca me met hors de moi dans un sens, mais je me dis que c’est aussi mon rôle. Je ne sais même plus comment j’ai lancé la proposition de jeu, je crois que j’ai simplement demandé si elle voulait jouer à quelque chose, une seule m’a répondu que oui et j’en ai profité. Le seul soucis, que ce soit avec l’un ou l’autre des groupes, c’est de capter leur attention, tous à la fois. Mais je crois avoir compris le principe, encore plus ce soir !

Je leur ait expliqué hyper rapidement les règles, certaines ne m’écoutaient pas, je ne vais pas le cacher, mais c’est aussi pour ça que je propose des jeux simple à comprendre. On a commencé à jouer à 6, nous avons finit à 10. La quasi-totalité des jeunes à participer, c’est en voyant les autres s’amuser, en riant de la situation que tous se sont greffé au jeu au fur et à mesure. Il n’y a pas eu de soucis de groupe, ou de répartitions, c’est plutôt fluide de ce point de vue et je trouve ça presque étonnant !

Ce soir, le contexte était différent, ils avaient à disposition des dizaines de jeux : M. leur à proposer un Loup-garou, ils étaient tous pour au départ (6 je crois), mais ça a vite dégénéré, ils se sont mis dans le noir, un d’entre eux à baffé un autre … Je ne dis pas que ce groupe est simple, au contraire, mais M. n’arrive pas à les cadrer, il est trop proche d’eux. C’est une arme, mais c’est aussi une faiblesse, trouver le milieu, la distance c’est la clé.

A 18h45, 3 d’entres eux avaient déjà les sacs sur les épaules, prêts à partir : nous avions fini notre partie de cartes avec les 3 jeunes, et M. était avec nous dans la petite salle. Les jeunes étaient donc tout seuls de l’autre côté. J’ai donc pris l’initiative de proposer le même jeu qu’hier à ce groupe. J’avais déjà tenter le vendredi d’avant les vacances et m’étais confronté à un mur. Comme hier, à la proposition de jeu, un seul m’a répondu, les autres ont presque fait semblant de ne pas entendre. J’ai fait comme hier, j’ai commencé à expliquer, mais j’ai tout de même eu plus de mal qu’hier. Le bruit qu’il faisait, le chahut qu’il y avait m’empêchait clairement de parler. J’ai montrer un exemple avec le jeune qui était volontaire, j’ai quand même demander le silence, et deux ou trois ont suivit.

Il a été plus complexe ce soir de faire des groupes, puisque comme tous n’avait pas écouté, ils ont pas osé au moment des groupes s’intégrer. J’ai donc réexpliqué, fait du forcing avec certain pour les inclure, mais dès les premières secondes de jeu, s’étaient gagné. En réalité, ce que j’ai remarqué ce soir, qui n’était pas présent hier, c’est la présence de leaders : au sein des filles … certaines ont plus de “pouvoir” que d’autres, se font plus entendre, mais la décision vient de chacune. Hier j’ai réellement eu l’adhésion de chacune, indépendamment les unes des autres. Aujourd’hui, avec les garçons, j’ai eu l’impression d’avoir à faire à une sorte de bande qui obéit à un leader. C’est quand j’ai eu l’adhésion d’A., de S. que les autres ont suivi. Je suis presque sur que si A. n’avait pas joué, les autres n’auraient pas voulu non plus. Nous avons fait 3 parties et il était 19 heures, mais le but du jeu pour moi c’est qu’ils adhèrent. Le remerciement ultime ce soir c’est déjà d’avoir une réponse positive, de l’enthousiasme devant une nouvelle partie, mais c’est les réactions à la fin de la séance qui sont un réel cadeau. Le “pour une fois qu’on fait un jeu bien” de S. va résonner un moment dans ma tête je pense…

Malgré les différences entre les groupes, les différences avec des jeunes “basiques”, les différences entre eux au sein du groupe, ce sont des jeunes, des jeunes qui sont en demande, qui sont en conflit avec eux mêmes, qui ne demande qu’à ce quelqu’un les comprennent.

Il y a tout de même quelques points négatifs, pour chipoter !

  • Ce soir I. était absente, elle fait partie d’un programme “familiale ou parentale” dont ces parents font parties. A., lui n’a pas souhaiter adhérer aux projets, mais du coup elle ne sera pas la le vendredi durant 14 semaines, ce qui est énorme, puisqu’elle est très demandeuse. J’ai donc proposé qu’on la laisse sur le groupe du mardi mais qu’on lui propose de venir aussi le jeudi, si elle en ressent le besoin (on ne dépasse jamais 15 de toute façon ! )

  • Les ateliers “lectures” de V. sont passés aux oubliettes. En début de séance, elle à sorti le livre, et je pense qu’elle voulait faire ça en fin de séance, mais en arrivant ce soir, devant S., ils m’ont félicité de mon intervention d’hier, donc ce soir je me suis permis de “prendre sa place”, d’utiliser le créneau qu’elle avait pris pour lire les dernières fois. En soit il faudra en rediscuter mais je ne pense pas que conserver cette idée soit réellement bénéfique !

  • Le truc, c’est également que je ne peux plus les décevoir maintenant, et il va falloir que je trouve des jeux dans ce genre, parce que même avec des dizaines de jeu de société, ils adhèrent dix fois mieux à des jeux qu’on propose, où il y a une ambiance ! Donc au boulot pour trouver des idées …

En revanche, points positifs, ou en tout cas nouveau de cette fin de semaine :

  • une intervention qui touche à la laïcité, à la citoyenneté est programmée le jeudi 29, avec un philosophe (j’ai peur du pire),et d’autres intervenants. Dans l’idée c’est super, dans la forme, j’ai peur que ce soit beaucoup trop rigide, scolaire, barbant, institutionnel pour eux.

  • Un partenariat avec la banque alimentaire à été mis en place, en chaque semaine, on aura des fruits à proposer aux jeunes pour “goûter” ensemble, et partager quelque chose. C’est un truc super, en sachant qu’ils bouffent des pâtes chinoises crues à longueur de séance. PS : Il faudra que je goûte !

  • On a reçu, de la part d’une autre asso, tous les manuels scolaire de toutes les manières, et tous les niveaux je crois. Selon V., ça ne sert à rien, du coup je lui ai demandé si je pouvais en emprunter un de maths, forcément c’était un oui, et je compte bien le garder ^^ Ca va me permettre de faire tous les cours d’E. beaucoup plus facilement !

 

Sur ceux, je pense que c’est pas mal pour ces deux séances. M. m’a encore félicité ce soir, et je le comprend. Je ne suis pas du genre à me jeter des fleurs, bien au contraire, mais ce que j’arrive à faire avec les jeunes n’a aucun rapport avec ce qu’il obtient. Et je ne vais pas non plus cracher sur ce que j’apprend actuellement à la fac, certain cours comme école dans la cité, me donnent des billes importantes pour m’en sortir. Mais M. à raison, entre théorie et pratique, il y a un monde et lui se fit beaucoup trop à la théorie.

Ces deux interventions m’ont regonflé à bloc ! On a encore 6 semaines avant les vacances, et je me fait la promesse, à moi, que je vais leur proposer des trucs de dingue ! En soit, je suis revenue sur le fait de proposer un planning pour les “cours particuliers” parce qu’en réalité les filles qui avaient demandé ça travaillent déjà de base avec moi, et j’aurais pas le temps de tenir partout. Donc c’est des truc de dingue que je veux leur faire faire, les sortir de cette putain de forme scolaire, leur faire voir que la vie c’est autre chose que d’obéir à des règles qui n’ont aucun fondement !

Idée de jeux :

- Le pic carré : distribuer une carte chacun – chacun doit retenir le symbole. L’animateur pioche des cartes, et tout ce qui ont le symbole de la carte pioché doit se décaler vers la gauche.

Voir si cola-fanta peut leur convenir …trouver de quoi faire une balle pour jouer à la tomate (balle en tissu à voir). Essayer le jeu “il était une fois” avec les filles – Jeu du post-it (le faire avec des objets/animaux)

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Mardi 6 Novembre

Je redoutais cette intervention, je pense à cette séance depuis le début des vacances, car je ne savais pas du tout comment allez être cette intervention.

En réalité, elle s’est déroulée … étrangement mais pas non plus horrible ! En fait, au début de la séance, seul 8 jeunes étaient présents, et pas ceux que l’on aurait pensé, le premier à être arrivé étant Sofiane, chose perturbante, nous avons ensuite vu arriver I., vers 17h45, c’est A. qui est arrivé en retard “a cause du bus”, et vers 18h05 c’est Ib. qui nous a fait l’honneur de sa visite.

I. et A. avait des devoirs, I. une correction de contrôle en SVT et son frère des exercices de maths. Les autres, n’avait rien à faire : je leur ai donc proposé de jouer au UNO, un petit truc que j’avais dans mon sac, où il manque les +4, ça ils l’ont vu, mais ils ont joué, à deux, 3, 4 pendant une bonne heure ! Des fois, il ne faut pas trop en demander, ils ont commencé à jouer avec nous, assis sur une table, et puis, certains ont voulus s’éloigner un peu et on opter pour le hall, mais il faisait froid … donc ils sont allés, à quatres ou cinq dans la petite salle, tous attablé, à jouer aux cartes. Autour d’A., S. est resté avec 2 autres garçons : au début je les ai charrié en disant à A. qu’il n’allait pas travailler, que ça n’avançait pas, mais en réalité ils l’ont aidé à terminer l’exercice plus vite, au départ, mais il a pas mal de difficulté, et j’ai finis par aller l’aider pour la dernière question. J’ai fais quelque chose qui me semble bien mais je ne suis pas certaine, en fait j’ai attendu qui me demande de l’aide, je ne l’ai pas aidé de manière naturelle, il a donc été obligé de venir vers moi pour me demander. Il y a alors un impact sur la relation, il est conscient qu’il à besoin d’aide, notamment de la mienne, donc son comportement sera en adéquation avec cela. C’est ce que je crois !

Vers 18 heures 15, V. à penser que ce serait peut être le bon moment pour parler du concours d’écriture mis en place, auquel on est inscrit, et où il nous faut 6 participants. J’ai trouvé que c’était une bonne opportunité, et c’est donc ce qu’elle à fait, mais au lieu de demander le silence, de demander à tous de changer de salle, d’avoir l’attention de tous le monde je pense qu’elle aurait du expliquer à tous le monde.

En fait A. et un autre garçon avait envie de jouer hier soir, et nous on fait légèrement tourner en bourrique, mais de manière subtile. Alors il se sont “échappés” de la salle où ils étaient avec V. pour venir papoter dans la grande salle, où j’étais rester travailler avec I. . Je leur ai donc demander de retourner avec V., ils ont tout les deux marmonner des choses, et je leur ai demandé s’il voulait participer, s’il voulait savoir de quoi ça parlait. Les deux m’ont dit oui : j’ai été droit au but en leur expliquant que c’était un concours d’écriture en groupe, sur un thème, et que ce serait sur une journée, point barre. Il m’ont alors lancé des regard qui en disent long, l’air de dire …mais pourquoi pas moi ? Alors je leur ai demandé de retourner voir V. gentillement pour qu’elle les intègre au projet. Par la même occasion j’ai expliqué à I., que V. a totalement zappé.

Les garçons se sont donc mis autour d’une table pour réfléchir sur le thème du concours : moi aussi, avec M., car je considère qu’on doit être au minimum de ce qu’il se passe. Et la grande surprise, et presque colère, le thème du concours : les frontières.

Comment on peut faire parler des frontières à des gamins de quartiers qui savent même pas s’ils sont réellement Français !? ça me révolte ! V. à commencer par leur demander de définir le mot frontière, tous ont pris l’exercice à coeur, même S., qui à donner des réponses pertinentes, en disant qu’elles pouvaient être longues ou pas. J’ai osé parler des frontières sociales, psychologiques, et certains ont semblé tilté, j’ai croisé des regards presque fautif, mais aucun n’a fait de commentaire. Je trouve que c’est un projet beaucoup trop proche de ce public, qui les concerne et qui peut les intéresser, mais qui est hyper complexe.

Ils étaient tous autour de la table à discuter des frontières, cela à dégénéré quand M. à parler de “ je ne sais même plus quoi” autour du sexe, et les garçons ont donc rechercher dans le dictionnaire … C’était foutu pour la concentration !

Et la, au lieu d’attendre un petit retour au calme, V. à changer d’optique, elle voulait faire la séance de lecture. Alors à 19h15, elle a demandé à tout le monde de changer de salle, encore, pour lire un passage de “Sa majesté des mouches”. Livre qui n’était pas celui choisit par ce groupe ….alors pourquoi laisse-t-on leur le choix si c’est pour ne pas l’appliquer ?! Bref, on a commencé à lire, mais il manquait des jeunes, dont A., S. et un troisième ! J’ai donc été les chercher le temps qu’elle à commencé la lecture, ils étaient cachés sous les tables …A. est allez avec les autres sans bronché, l’autre jeune également, à juste fait “genre j’ai soif” pour prendre du temps. Et S. était bloqué dans les toilettes …En tirant sur la poignée je me suis rendu compte qu’il ne lâcherai pas, je lui ai donc dis “que ça n’allait pas le faire”, il a ouvert la porte sans trop de peine, en tout cas pas physique.

Ils ont été s’asseoir, V. à commencer, 2 lignes plus tard, s’arrête en butant sur le mot “laine”, mais qu’est ce que ça veut dire une laine ….bah un pull ! Les jeunes ont fait des remarques “elle nous fait lire un truc elle compte même pas”. Retour au calme complexe, deux lignes de plus et V. part dans un fou rire, en disant quelques chose du style “on va s’accrocher aux lianes nous aussi”…J’ai pas compris la référence, les jeunes n’ont plus, mais il ne fallait pas en demander plus. Ib. s’est levée, voulait partir, elle a passé toute l’intervention les écouteurs sur les oreilles, donc autant dire que ce n’était pas étonnant. Elle à littéralement fait une crise : elle était debout, V. voulait qu’elle s’asseoit, elle ne voulait pas s’asseoir, V. l’a laissé partir : elle n’a définitivement plus de crédibilité niveau autorité. Les autres sont partis dans des commentaires limites, mais toujours sur la notion de pourquoi elle et pas moi !

Deux minutes après tout le monde était dehors, I. m’a souhaité bon courage pour mon travail, je lui ai dit de bien travailler demain matin … Les garçons se sont vite dispersé. Plus le temps passe, et plus je me dis que la relation de confiance est en train de se créer, mais je me rend compte aussi qu’il ne faut qu’un seul faux pas pour que tout chavire …

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Lundi 5 Novembre

J’appréhendais un petit peu cette reprise. Le fait de s’être quitté dans des conditions pas vraiment favorable, avait suscité une crainte importante. En réalité, je m’attache beaucoup trop à ces gamins, s’il me demandait la lune, j’irais la décrocher sans hésiter. Je réalise la chance que j’ai eu de grandir au sein de ma famille, même si ce n’est pas toujours rose ! En fait c’est la groupe de demain que je redoute …

Aujourd’hui je suis arrivée avec un peu d’avance, j’avais envie de les retrouver, de discuter de leurs vacances, et certains étaient déjà présents, notamment S., M…et d’autres. M. et S. se sont bataillés pour que je travailles avec eux, il était à peine 17 heures 35 que nous étions déjà au travail. Les filles sont venues nous rejoindre, pour travailler …même si certaines n’ont pas vraiment avancer. En fait, 8 enfants étaient avec moi, dans la petite pièce, c’est à présent que je m’en rend compte, mais je réalisais des tâche avec chacun d’entre eux … Autant dire que ce n’est pas réellement précis, que c’est plus des “mais si ça tu sais le faire” ou des “c’est la même chose que la question d’avant” qui viennent meubler la conversation. Il faut dire qu’il y a aussi des “La ferme”, “taisez vous” “je vais vous foutre dehors ! “ sans quoi les séances seraient beaucoup moins humaines !

C’était complexe ce soir de gérer la demande de tous, M. est venu à deux ou trois reprises dans la petite salle, mais faisait vite demi-tour et V. n’est pas apparu dans la salle, où que pour demander “est ce que tout le monde à signer ?” ou “haa mais vous êtes déjà au travail ?”

La présence de V. ici, est pour le moins problématique je trouve, les gamins jouent avec ça, avec le fait que c’est elle qui commande mais que c’est aussi elle qui ne fait rien !

J’ai beaucoup aidé S. et M., mais j’ai l’impression qu’ils attendent plus des réponses, que des explications : ils connaissent les choses, ils sont loin d’être bêtes mais si on peut leur donner le résultat comme ça sans qu’ils perdent de temps, c’est toujours mieux. J’ai fais un exercice presque complet pour M., mais je me dis qu’au moins ça son prof ne pourra pas lui enlever !

Il y avait un brouhaha ambiant, une sorte de discussion animée, extrêmement animée, mais les jeunes semblaient travailler avec ce bruit. Ils travaillaient sans vraiment se rendre compte de leurs comportements, à un instant j’ai demandé à tous de se taire et à 3 de sortir, j’ai tapé des mains et leur ait dit “toi, toi et toi dehors !” Cela à jeter un froid, elles ne savais pas si elles devaient prendre les choses à la légère ou pas. Une d’entre elle m’a dis que ça se faisait pas de leur parler comme ça, qu’elles étaient pas des chiens, je l’ai pris à la rigolade en lui demandant si elle m’aurait écouté, si je lui avait demandé gentillement …Après réflexion elle m’a répondu que oui, nous avons donc parier toute les deux, avec un tchec, que la prochaine fois que je lui demande de se taire, je le fera de manière très poli, mais qu’elle devra m’écouter ! La base de la confiance, du respect ! J’apprécie.

Cette même petite à fait une réflexion qui me fait penser, encore, que ces jeunes sont tellement stigmatisé qu’il rejettent la faute sur leurs origines ! J’avais déposé mon téléphone sur la table, et elle l’a pris en demandant à qui il était, je lui ai répondu qu’il était à moi en lui demandant de me le rendre ! Tout de suite sa réaction à été de me le tendre et de me dire “waalha on est arabe mais quand même !” J’aurais pu faire mine de ne pas entendre mais je trouvais ça important de relever : je me suis donc défendue en expliquant que ce n’était pas du tout mon but, que je voulais simplement dire que je ne voulais pas qu’ils aillent fouiller dans mes photos, mes messages, et malgré sa réaction, je pense qu’elle à compris l’idée, et ne m’en a pas tenue rigueur pour la suite de l’intervention.

Plusieurs d’entres eux, m’ont demandé s’il était possible de rajouter des heures, parce que je cite “là moi j’ai pas le temps de tout faire !”. Evidemment qu’il n’ont pas le temps de tout faire, et le fait d’avoir à charge plus de 5 enfants est ingérable, dans le sens où on ne peut pas les aider de manière convenable ! Certain travaille en autonomie certes, mais si on veut vraiment les faire progresser, il faut un minimum d’accompagnement, non ?

La séance s’est déroulée, je n’ai pas vu le temps passé, trop occupé du début à la fin ! En début de séance V. avait fait la remarque que sa séance de lecture n’avait pu avoir lieu car ils étaient déjà au travail : 15 minutes avant la fin, elle est venue dire à tout ceux de travailler d’arrêter, de ranger, car il devait aller écouter la lecture : J’ai trouvé ça contraire à ce qu’on veut montrer, occuper ceux qui ne travaillent pas en faisant de la lecture oui ! Mais empêcher ceux qui travaille de travailler pour faire de la lecture, je suis pas vraiment pour !

Avant de commencer, elle est venue se vanter qu’une des filles lui avait demandé de lire, que c’était gagné, qu’elle avait eu raison, je n’ai rien répondu …C’est son choix, ses décisions je n’ai rien à dire ! Mais le fait que la jeune fille ait lu à peine une page, pour faire passer à une autre fille, en la coupant pour lui demander si elle n’avait pas besoin de lunettes …

En soit sur les 15 jeunes, il y a peut être 3 d’entres eux qui étaient attentifs, mais on ne peut attendre que tous soient concentrés, c’est contraire aux dispositifs, c’est contraire à leur manière d’être, à leur personnalité. Mario est venu s’asseoir à côté de moi, et même lui en a conclu qu’il n’avait rien compris, qu’il n’arrivait pas à accrocher et je pense que c’est la réalité de tous les jeunes : la lecture c’est bien quand on en a envie, quand on veut un peu de solitude, de repos, ce n’est pas une chose pour moi, à faire en groupe, à 19 heures avec des jeunes qui en n’ont pas l’envie. Nous avons appris à l’issue de cette lecture (courte) que S. …ou V. avait inscrit 6 jeunes à un concours de littérature, qu’il devait écrire quelque chose, tous ensemble et qu’on prendrait le temps de le faire durant les CLAS. Il aurait peut être été judicieux de nous en parler avant de l’annoncer aux enfants, qui à première vue on tous dit non. M. connaissant le principe du concours leur à dit que se serait sur une journée de cours, et qu’il faisait pique-nique … la certains ont dit “ha oui oui on n’y va !!”. Ce n’est pas en leur proposant des activités scolaires que nous leur donnons l’opportunité de s’ouvrir au monde …et pourtant c’est la seule chose qu’on réalise. Je trouve ça dommage, presque frustrant ! Tout le monde voit que ce n’est pas ce qu’il cherche, ce n’est pas ce qu’il demande mais …On les force en détournant le sujet principal … On verra si ce projet découle sur quelque chose, mais en tout cas je n’y prendrais pas part.

Je ne leur ai pas proposer le planning que j’avais mis en place pour les cours “particuliers”, tout simplement car tout le monde avait trop de chose à faire ce soir. Mais je voudrais quand même savoir ce que M. et V. ont réalisé avec les autres … Visiblement à part de la bataille et des chamailleries pas grands choses !

Je verrais si j’ai le temps de leur en parler jeudi, même si cela trainent un petit peu ce n’est pas réellement important, il faut que je trouve les moyens de mettre en place cette idée. Je n’ai pas non plus eu le temps de proposer des jeux, mais je m’en veux un petit peu, j’aurais pu prendre quelques minutes pour leur proposer un des deux jeux que j’ai préparé et les laisser en autonomie … Si c’était à refaire, je prendrais ce temps là, au détriment de l’avancé de ceux qui travaillent.

Le soucis dans ce CLAS c’est que je ne peux pas être partout, je peux pas faire l’accompagnement scolaire et en même temps proposer des activités. Les jeunes me demandent pour les matières scientifiques et M. et V. refusent de travailler sur ces points …donc le choix est vite fait ! j’espère pouvoir proposer quelques choses mardi soir aux groupes des garçons …même si je sais que c’est plus compliqué !

 

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Vendredi 2 Novembre

J’ai choisi de ne pas écrire le récit du vendredi 17 octobre, tout simplement car je n’étais pas réellement satisfaite de la séance ! Dans les grandes lignes l’intervention c’est bien passée, j’ai travaillé pas mal avec certains notamment en mathématiques !

En réalité ce groupe est divisé :

  • D’une part, certains travaillent et sont studieux. Ils sont moins appliqués que les filles mais demandent de l’aide pour la réalisation des exercices

  • D’autres part, les autres jeunes ne viennent que pour se rassembler :en soit je n’y vois aucun inconvénient au contraire mais je n’arrive pas a comprendre pourquoi il refuse toutes les activités qu’on leur propose !

J’ai réussi à leur proposer le jeu “coude-genou” a 5 ou 6 d’entre eux mais aucun n’a adhérer (sauf I.) , et je ne comprend pas pourquoi. J’ai l’impression que c’est simplement pour nous contredire, nous contrarier, mais je suis impatiente de les retrouver, malgré leur comportement que je n’arrive pas a cerner !

Je reprend les interventions lundi et mon seul soucis et de savoir comment je vais mettre en place tout ce que tout le monde leur a promis :

  • Premièrement les jeux que je voudrais placer en fin de séance

  • Deuxièmement les “cours particuliers” que virginie veux que je mettent en place !

Si je prend en charge des jeunes de manière particulière sur la première demi-heure, un autre groupe sur la deuxième et des jeux sur la dernière… Cela pourrait fonctionner !

Mais où placer les minutes “lectures” de virginie, les pauses “musiques” de M. … Je crains que le fait de trop proposer de choses pas forcément en accord les unes avec les autres risque de rendre les interventions pénibles et complexes ! Pour eux parce qu’on ne parviendra pas à tenir nos promesses. Pour nous parce que leurs réactions se fera ressentir, leur mécontentement sera forcément apparent et aura des répercussions…

 

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Jeudi 18 Octobre

Aujourd’hui beaucoup de choses se bousculent, mais dans l’ensemble mon ressenti est positif :

V. a décidé de nous faire une heure de réunion, avant l’intervention : chose qui est tout à fait inutile, puisque M. est arrivé un quart d’heure en retard, et qu’elle nous a donné aucune information. nous avons passé l’heure à critiquer, et boire le café : autrement dit, la définition d’être payé a rien faire !

La vulgarité, et les propos déplacés, entre M. et V., me pose souci, dans le sens où je suis mal à l’aise au sein de leur conversation : parler de fellation, faire des blagues touchant au sexe, et ramener la moindre phrase à un contexte sexuel, et cela même devant les enfants, est particulièrement gênant pour moi. Mais je ne peux rien faire à cela.

V. nous a simplement dit une chose à propos des réunions : “tout le monde a aimé mon projet de lecture” ….  ok, le monde a aimé peut-être, parce qu’en théorie l’idée est bonne, mais en pratique comment ça va réellement se passer, j’ai bien peur qu’on passe énormément de temps a les reprendre, et à demander le silence pour avoir leur attention et lire, alors que ce n’est pas le but de l’intervention. Proposer une activité de lecture pour les volontaires, ça je trouverai simple, mais là c’est du forçage  pur et dur.

Une chose également à propos des spectacles et des sorties culturelles, il y a un nombre de places limitées, pré-réservées, pour chacun des groupes. ce qui veut dire que sur un même spectacle, nous ne pourrons emmener que cinq, sept, ou 12 enfants. lors des réunions d’alchimie, tous les responsables  ont opté pour donner les places aux plus méritants. V. nous a alors fait une scène, parce que pour elle ce n’est que reproduire le schéma scolaire, en récompensant celui qui travaille, et en excluant les autres. elle a donc décidé, qu’elle donnerait les places aux volontaires, et que s’il y avait plus de volontaires que de places, elle tirerait au sort. j’ai donc refusé de manière catégorique : d’accord le hasard  prendra la décision à notre place, mais ces techniques de tirage au sort veut aussi dire pour aller voir trois quatre et 4 dans l’année, et que l’autre, par malchance, n’ira en voir aucun !

Nous sommes donc tombés d’accord sur une alternative, tous choisiront un spectacle, mais ce qu’ils ont voir le premier, ceux qui seront tirés au sort pour le 1er, ne participe pas au tirage au sort des suivants, jusqu’à ce que tous les volontaires aient participé. je trouve que  cela est quand même plus égalitaire.

il se produit un incident aujourd’hui, mais je ne sais pas comment situer la chose. le groupe a été relativement calme, du début à la fin, mais un d’entre a déclenché l’alarme incendie :  un d’entre eux, ou une personne extérieure ?! Leur réaction fait que je me questionne beaucoup …

en réalité,  une des jeunes était dans la petite salle avec V. ,  les autres étaient avec nous dans la grande salle, et j’ai beau refaire la scène, je ne peux pas affirmer, qu’un des jeunes de ce groupe aient était dans ce hall lorsque l’alarme incendie a été déclenché … à l’extérieur, sur le boîtier incendie, un cigare avait été déposé : chose qui n’appartient pas au jeune, et une personne extérieure aurait très bien pu déclencher l’alarme, elle n’avait qu’à tendre le bras. Puisque nous n’avons pas vraiment d’informations quant au fonctionnement de l’alarme,nous allons tout de même demander aux jeunes de sortir.

Une fois sorti je leur ai demandé de s’asseoir, est là les réactions me font penser que ce n’est peut-être pas  leur faute : je leur ai demandé de s’asseoir et j’ai attendu le calme, étrangement il est apparu assez vite, en sachant que l’alarme, toujours déclenchée, faisait beaucoup de bruit. mon air était probablement sévère, puisque S., B. et M. mon tout de suite et tu dis “ je suis sûr tu vas nous engueuler, alors qu’on a rien fait on était avec toi !” alors oui dans un sens elle avait raison, la connerie était fait, ça n’allait pas changer grand-chose !  mais dans ces cas-là une petite leçon de morale n’a jamais tué personne. Je leur ai alors expliqué que l’alarme incendie était importante, j’ai dédramatiser la chose, en disant qu’ils ne l’avaient peut-être pas fait exprès, mais étrangement je n’ai eu aucune réaction, ni provocatrice, ni de regard qui se baissent : ils ont beau être des gamins de cité : lorsqu’une connerie est faite, cela reste des enfants, soit il se vante, soit ils se sentent coupables et se dénonce. là c’est aucune des deux réactions on a pu observer, et je me questionne vraiment sur leur culpabilité. pour leur faire comprendre que c’était important, et qu’il fallait faire attention à ce genre de chose, nous leur avons montré l’alarme incendie, le mécanisme qu’il allait falloir changer,certains ont dit que c’était de la perte de temps, mais tout le monde a été attentif, n’a pas posé de problème.

Lorsqu’il qu’ils sont rentrés, après l’alarme incendie, tous ce sont plus ou moins remis au travail, sur la dizaine qui était présent ce soir, 5 m’ont dit n’avoir plus rien à faire. j’ai donc demandé à M. d’aider une jeune fille en anglais, qui a de grandes difficultés, le temps que je propose aux autres quelque chose d’autre ! il a donc accepté, et j’ai demandé aux filles qui ne faisait plus rien de m’accompagner, que j’allais leur proposer quelque chose. il était alors 19h45, et comme nous n’avons pas vu V., dans notre salle, durant toute la durée de l’intervention, je me suis installé dans le hall avec 5 des jeunes, en leur expliquant qu’à la rentrée, je souhaiterais mettre en place des activités, des jeux, et que pour que cela leur plaise, je souhaiterais leur avis sur et je que je connaissais.

à ce moment-là V. est sortie, avec M., m’a coupée dans ma discussion, pour dire à tout le monde d’aller dans la salle qu’elle avait quelque chose à leur dire,  en me disant il faut que je leur parle de la lecture. d’accord, mais j’avais quelque chose à dire, j’avais commencé, et je voulais finir : J’ai passé du temps, je me suis impliquée dans la recherche de jeux qui pourrait leur plaire,  et puisque nous n’avions pas le temps de les mettre en place ce soir, il me tenait à cœur, d’avoir au moins leur avis sur ses activités.

J’ai donc dis à V. , qu’elle avait qu’à aller dire aux autres de ranger,le temps que je finisse avec ce groupe, elle a rechigné en me disant que que c’était important de parler du projet de lecture, et qu’il fallait vraiment le faire, qu’elle n’aurai pas le temps ….. et blablabla….

Mais je ne lui ai pas donné raison, j’ai fini d’expliquer mon activité “Coude- genou” en l’imageant avec S. assise à côté de moi. Toutes, ont trouvé ce jeu bien, elles m’ont toutes dit que ça devait être drôle, et à la question, “est-ce que ça vous plairait de le faire?”,  la réponse a été oui : le but pour moi est donc atteint ! Sa. a même pris la parole, pour redéfinir les règles, et être sûr d’avoir bien compris.

Je n’ai donc pas voulu exagérer, et n’ai présenté que ce jeu-là, en disant aux filles de rentrer car V. avait quelque chose à leur dire.  il a fallu plusieurs minutes pour que V. obtienne le silence : C’est moi qui ai réussi à l’obtenir en demandant aux filles de se taire.Elle a donc demandé à chacun, s’ils avaient des livres obligatoires à lire, et dans la majorité tous en donner un titre. Puis elle  a expliqué comme mardi le principe de 5 minutes de lecture par séance : le groupe a été moins réticent que le groupe de mardi, mais il n’a pas non plus été très enthousiaste ! j’attends de voir ce que cela peut donner, mais j’ai vraiment peur que les 5 minutes se transforme en demi-heure !!

la jeune fille qui était en peine avec son anglais, et qui en réalité n’avait fait qu’une seule phrase avec M., m’a redemandé de l’aide le temps que V. expliquait. Je n’allais pas lui refuser, alors qu’elle a un devoir demain ! nous avons donc continué en chuchotant, à réaliser ces phrases anglais, tout en écoutant que d’une seule oreille la conversation : elle vota quand même pour un des livres,  qui a obtenu 7 voies, mais je ne suis pas en capacité de vous donner aucun des titres !!

Lorsque V. a eu terminé, tous ce sont précipités vers la sortie, ils se sont installés dans le hall :  je me suis assise avec eux, et c’est à ce moment, que je me suis dit que je pouvais expliquer mon deuxième jeu : à ce moment là je parlais donc au  groupe entier, qui m’écoutait relativement bien ! Et c’est là que M. et V. ont commencé à délirer sur une histoire d’extincteur,de manière sexuel bien évidemment, et ont agité les jeunes, pour quelque chose qu’ils ne comprenaient même pas !  J’ai donc eu plus de mal à obtenir un retour au calme, Mais j’ai pu expliciter le second jeu, à savoir “ il était une fois” : je ne l’ai pas appelé comme ça, je leur ai juste expliqué le principe, c’est-à-dire qu’il aurait chacun des papiers, avec inscrit des objets, des lieux, les personnages, et que pour gagner, il fallait être le premier à placer ces cartes dans l’histoire. J’ai pris l’exemple de la sorcière, en faisant la phrase “ la sorcière est méchante”, et je leur ai dit par exemple la personne d’après, qui aura le mot château, devra faire une phrase. Et c’est D. qui m’a répondu “ Ouais la sorcière est méchant et elle vit dans un château”. le principe était compris, et les jeunes enthousiastes, J’ai gagné la partie ce soir.

S. m’a même proposé un autre jeu, celui où on colle un mot sur la tête de quelqu’un, et que les autres doivent faire deviner le mot à cette personne. C’est un jeu assez ludique, rapide à mettre en place, et je pense que nous le ferons !

Je leur ai donc proposé, qu’à partir de la rentrée,  si leurs devoirs été réalisé dès le début de l’heure, qu’ils ne traînent pas à se mettre en place, alors je leur proposerai une activité différente à chaque intervention :  j’ai donc reçu de leur part des réactions très positives, ils m’ont fait prendre conscience que je dois croire en mes projets, que malgré les avis de M. et V. , je dois continuer !  Parce que c’est les jeunes qui compte, tout simplement.

Il était 19h moins 2, quand je me rendis compte que V. n’avait pas mentionné le projet de cuisine, et qu’il fallait le faire avant qu’ils partent : je leur ai demandé 2 minutes attention en plus, chose que j’ai reçu de manière très rapide. je leur ai donc expliqué qu’il y allait avoir des interventions de personnes extérieures, et que pour rendre ça plus intéressant pour eux, on allait leur proposer un atelier de cuisine en parallèle de l’intervention :  les garçons n’ont pas témoigner de réaction visibles, mais les filles en tout était en accord avec cette proposition : plein d’idées on surgit de la tête de tout le monde, en laissant place à un petit brouhaha, mais un brouhaha positif ! je leur ai donc demandé, pendant les vacances, de réfléchir à des menus, à des plats qu’ils aiment,qu’ils savent faire, pour qu’on puisse à la rentrée faire le point, et avancer sur ce projet. c’est donc sur cette note positive, que nous nous sommes souhaiter de bonnes vacances, et qu’ils sont partis.

Ce soir, il était plus de 19h10, que D. et M. était toujours présentes, Diana discutait musique avec M., je discutais avec M., puisque elle m’a expliqué ce soir, que d’habitude ils font des goûtés à la veille des vacances,  je lui ai donc expliqué qu’on ne savais pas tout ça, et qu’il fallait nous le dire : et lui ai promis, ainsi qu’aux garçons, que chacun ramènerai quelque chose pour les vacances de Noël, et qu’on ferait un goûter avant de partir !

ce soir j’ai fait quelque chose de plus, que je n’aurais probablement pas dû, mais qui ne me coûtait absolument rien.  aujourd’hui j’ai un cross, d’1 km 700, Ils sont tous arrivés très fatigué, mais M. particulièrement, puisque elle semble s’être fait une entorse, ou un claquage à la cheville. Elle m’avait donc déjà demandé pendant la séance, s’il était possible que quelqu’un la ramène chez elle, je ne lui avait pas ouvertement répondu, mais à 19h10 ma décision était prise :  je lui ai expliqué que c’était la première et la dernière fois, mais que je la ramenait. son immeuble était sur mon chemin, dans la voiture nous avons parlé de mes études, et du fait que je n’aimais pas trop la ville, donc c’est quelque chose qui l’a faite sourire ! En quittant la voiture, elle m’a souhaité de bonnes vacances, et m’a remercié de l’avoir déposé … je ne suis même pas sûr qu’un gosse de riche soit aussi poli !

En tout cas je suis heureuse du résultat de ce soir, presque fier que ce que je propose leur plaît, et je suis à présent persuadé, que malgré les tensions et la complexité de travailler avec eux, le lien et la relation que nous avons créé en l’espace de 2 semaines, va encore évoluer positivement tout au long de l’année, je pense même que ce n’est pas eux qui vont apprendre de moi, mais moi qui vais apprendre d’eux !

J’appréhende un petit peu l’intervention de demain soir, l’échec grisant de mardi me fait peur, en réalité j’ai peur que cela recommence !  Mais si ce groupe est en adéquation avec mes idées, pourquoi l’autre ne le serait pas ?! même s’il faut que je pose des conditions plus strictes, je pense que les jeunes pourront apprécier les activités,et ferais tout pour trouver quelque chose, qui les intéresse. tout simplement, parce qu’à partir du moment où ils sont conscients qu’on essaye de faire quelque chose pour eux, alors le tour est joué !

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Mardi 16 Octobre

Ce soir je ne sais pas quoi penser, ils ont tous été, sans exception, exécrable. Si vendredi dernier, je les avais qualifié d’ange, aujourd’hui ils ont pris le rôle de démon. J’ai beau rejouer les scènes dans ma tête, je ne parviens pas à comprendre leur comportement. Ce soir, tous sont arrivés un petit peu en retard, à part Inès. Elle avait un exercice d’SVT, qu’on a réalisé  ensemble dans la première demi-heure. tous les autres, nous ont déclaré avoir rien à faire, ce qui est peut-être vrai, mais ce qui probablement faux. c’est à partir du moment où ils ont franchi la porte, que tout est parti en vrille, sans vraiment qu’on puisse s’en rendre compte.

Pour commencer, une des jeunes filles, qui n’était pas inscrite dans ce groupe mais dans celui du lundi, qui n’est pas venu depuis le départ, est venu aujourd’hui pour “ accompagner” une de ses camarades, qui elle vient depuis le départ. V. lui a donc dit de partir, quelle n’avait rien à faire là :  et cette jeune, probablement en 4e, n’a pas vraiment bien pris la chose. elle s’est donc énervée, est sortie, mais à continuer à tourner dans les parages durant toute l’intervention. Ce soir beaucoup de jeunes extérieurs sont venus faire intrusion au sein de l’intervention, ce qui en soi n’est pas problématique, mais qui le devient vite, lorsque nos jeunes dialoguent et se chamaillent avec eux.

En soi, je pense que nous sommes tout à fait en faute : Si les jeunes s’agitent, et partent dans tous les sens, c’est qu’on ne leur propose rien, rien de concret, pour les occuper. Mais un problème se pose rapidement, on ne peut proposer une chose qui convienne à tous, notamment dans ce groupe, où il y en a forcément un qui va rejeter notre idée, et démotiver les autres. Dans ce groupe, c’est S. et A. qui sont à l’origine de la majorité des problèmes :  en tout cas c’est eux que l’on reprend le plus.

S., est la figure du cancre, et il s’applique à conserver ce rôle. Il est toujours dans la provocation, ne fait que ce qui lui plaît et  va répondre de manière agressive, violente, à tout ce qu’on lui dit. Je pense que c’est l’un des jeunes qui aura le plus de difficultés à s’intégrer dans la vie sociale. Mais A., je ne comprends pas. Il a l’air d’être un garçon intelligent, et je pense qu’il se donne un rôle à jouer, une façade, mais je ne sais pas pourquoi. Il est l’opposé d’I., sa sœur. A. est tout de même plus “gérable”, dans le sens où lorsqu’on propose quelque chose qui lui convient, il va participer et apprécier. mais son problème, c’est le rapport à l’autorité, c’est le fait, que dans tous les cas, il veuille avoir raison.

En arrivant, et en attendant que les jeunes arrivent, V. nous a demandé notre avis sur une idée, un projet qu’elle avait pour le dispositif : elle souhaite mettre en place un temps de lecture à chaque intervention. Elle n’a pas réellement détailler son projet avec nous, M. lui a dit qu’il était pour, et je leur ai répondu, que je ne savais pas si ça allait les intéresser, que je n’étais pas sûr qu’il apprécie la lecture. V. m’a clairement répondu, que de toute façon il n’aurait pas le choix … visiblement moi non plus !

Elle a également décidé aujourd’hui de faire un petit tour les opinions de chacun vis-à-vis du dispositif, et leur demander ce qui leur plairait. L’idée était très pertinente je trouve, et ce qui est ressorti le plus de ces entretiens, c’est le besoin de plus de jeux, comme le UNO par exemple. et certain voudrais un soutien, une réexplication de leur cours dans certaines matières.

A ce moment précis, tous les jeunes étaient dehors, en train de ne rien faire, discuter et se chamailler étant leurs principales occupations. nous étions donc tous les deux avec Mario, dehors, en train de faire littéralement, du “gardiennage”. “ t’assois pas sur la voiture” “ va pas sur la route” “ reviens vers la s’il te plaît” “ écoute-moi quand je te parle”, sont les phrases qui ont tournés en boucle durant un bon moment.

V. m’a demandé de la rejoindre, pour discuter avec moi de la notion des “cours particuliers”, une jeune fille voulait en physique-chimie, pour l’aider à remonter sa moyenne. En me demandant si j’étais d’accord de lui consacrer un peu de mon temps à chaque séance. Ce que j’ai accepté bien sûr.  M. est venu nous voir, pour nous demander si l’une d’entre nous pouvez venir l’aider, car il pensait que ça allait dégénérer très rapidement. Je suis donc ressortie avec lui dehors, et demandé aux jeunes de se regrouper, qu’on allait leur proposer quelque chose. M. qui ne semblait pas avoir beaucoup d’idées, se tourna vers moi en me demandant si je pensais à quelque chose. Mais l’agitation du groupe, et la violence de certains, ma fille reculer quant à l’idée de leur proposer le jeu du “nœud humain”.  M. leur a proposé un jeu de cartes amélioré, ils ont également refusé. Tous voulait rester dehors, et un d’entre à proposer un loup ! Jeu auquel je n’aurais même pas pensé vu leur âge, mais qui visiblement convenait à une partie d’entre eux. C’est donc 6 ou 7 des jeunes qui ont fait une partie sur le terrain d’herbe à côté du préfabriqué.

Je pense que M., tout comme moi, étais fatigué de la situation :  mais ce que je peux noter à présent, c’est le comportement des jeunes vis-à-vis de cette activité :  le temps que certains ont jouer, notamment I., A., M …,les autres, qui aurait pu continuer de vaquer à leurs propres occupations, c’est-à-dire s’agiter dans tous les sens, et jouer avec nos nerfs, ce sont littéralement “ poser sur une voiture” et ont regardé les autres jouer : Comment analyser cela…? le fait de regarder quelque chose qui se passe leur suffit… ils refusent de participer à ce qu’on leur propose, ce qui nous freine dans la réalisation de nos projets, mais ils ne semblent pas être exclus, ou pénalisés, si les autres jouent sont eux. au contraire c’est quand le jeu du loup a commencé, que tous ceux qui ne jouaient pas se sont apaisées : assis sur une voiture, certes, mais au point où nous en étions, ce n’est qu’un détail. ils ont joué à peine une dizaine de minutes, lorsque  V. nous a demandé de rentrer : se pliant aux ordres, nous nous y sommes pris à deux fois pour les faire rentrer, mais je pensais que cela serait plus complexe. tous, autant ce qui jouaient, que ceux qui ne jouaient pas, sont rentrés sans faire trop de vagues.

Et c’est là que V., a décidé d’exposer son projet, malheureusement les jeunes n’était pas en position d’écoute : pour certains ils venaient de courir, de s’agiter, et tous avaient envie de rentrer chez eux. Mais V. quand elle veut quelque chose, elle l’obtient, mais cela de manière pas toujours pédagogique !  avec M., nous avons donc demandé à tous les jeunes de s’asseoir, de se poser, et d’écouter V. : je suis consciente que les interventions des jeunes à l’extérieure, par la fenêtre, était perturbante, même dérangeante. Mais V. s’est focalisée sur eux,le temps que les jeunes étaient calme ( relativement). Mais plus le temps passait,  et plus l’agitation revenait : dans un sens pourquoi demande t-on a des jeunes qui ne peuvent pas rester en place de garder le silence pendant plus de 5 minutes ? et cela a duré encore plus que ça, puisque à chaque fois qu’il y avait un bruit quelconque, elle s’arrêtait, et reprenait sa phrase quasiment au début.

En résumé, elle leur a demandé si certains lisaient à la maison. La réponse fût un catégorie non, qui était à prévoir. Elle s’est donc tournée vers les lectures obligatoires, imposé par le collège, pour savoir ce qu’ils avaient à lire : les 5 livres qui ressortir de cette idée, dans un bordel monstre on peut le dire sont, Harry Potter, Vendredi ou la vie sauvage, Les Fourberies de Scapin, Le Horla, et un autre dans le nom m’échappe.  Elle leur a ensuite expliqué, qu’à partir de la rentrée, nous allions lire, pendant 5 minutes, chaque jour, un extrait du livre qu’ils choisiront :Toujours dans un brouhaha infernal, les commentaires négatifs se sont fait entendre, mais V. n’y a pas prêté attention. Elle a donc demandé à chacun de voté, en commençant par Harry Potter : 3 mains se sont levés, dont un qui s’est rétracté par la suite, plus sa propre voie et celle de Mario. Nous avions donc un total de 5 voies, elle a ensuite énuméré les quatre autres livres, pour lesquelles personne n’a voté, puis a conclu que ce serait Harry Potter, qu’on irait à partir des vacances !  où est dans tout ça la démocratie ? Il faut quand même m’expliquer deux choses :

  • La première,  c’est que malgré le fait, que seulement 3 enfants prennent part à la situation, elle décide quand même, de manière quand même très arbitraire, de lire Harry Potter. Si les enfants n’avaient pas le choix, pourquoi leur avoir demandé leur avis ?

  • la deuxième  chose, c’est la réponse à la phrase de conclusion “ bon, alors ça convient à tout le monde ?”, où un non s’est clairement fait entendre de la part de tous, même Inès s’est exprimé, elle leur a répondu que c’était “bien une réaction de “français”, que de ne pas voter, mais de critiquer les décisions prises par la suite” …  Faut-il lui rappeler dans quel contexte socio-économique ces jeunes se trouvent ? pour la majorité d’entre eux, ils ne se définissent pas comme étant français, et c’est cette sorte d’humour qu’elle ose mettre en avant dans des situations de conflit ?!

Pour conclure sur ce point, je pense réellement que c’est une erreur de mettre en place ces activités de lecture, les jeunes ne seront pas attentif, et on ne fait pas apprendre quelque chose on ne fait pas apprécier quelque chose, a quelqu’un qui n’est pas volontaire !

En réalité j’étais presque énervée en rentrant ce soir, énervée contre les jeunes d’avoir ce comportement, énervée contre V. qui selon moi n’aborde pas les choses de la bonne manière, énervée contre moi-même qui n’est pas réussi à mettre en place quelque chose de concret ce soir, énervée, dépitée, sans réponse.

C’est donc dans un élan, presque de rage, que je me suis dit, qu’une séance pareille ne se reproduirait pas. J’étais à peine rentrée, que déjà j’avais mis en place des activités pour la séance prochaine.

Je sais que je rabâche ça, depuis maintenant plusieurs soirs, mais en réalité je recule devant le fait accompli : à chaque fois je me dis que l’activité en question ne fonctionnera pas avec le groupe. Je recule, parce que j’ai peur d’échouer, j’ai peur que les activités ne soient pas appréciées par les jeunes, que je n’arrive pas à m’imposer … mais je me dis que je l’ai déjà fait, qui ne sont pas plus turbulents que d’autres.  Alors en rentrant ce soir, j’ai préparé deux jeux, des jeux qui me semblent être adaptés à ce type de public, des jeux pour lesquels, nous n’avons pas besoin de rester assis, et où au contraire, on leur demande de bouger !

  • le jeu il était une fois, que j’ai déjà mentionné, mais que je n’avais pas préparé. j’ai donc relus les règles, fais des petites cartes, avec des objets des personnes des lieux, et je pense proposer cette activité, aux filles jeudi soir. Je pense que c’est un jeu qu’elle pourrait même réaliser en autonomie par la suite.

  • le jeu que j’appellerai “ coude- genou”, parce que je ne retrouve pas le nom !!  ce jeu consiste en réalité à placer un bout de papier entre deux parties du corps. en équipe de trois ou quatre, le but est de placer un maximum de papier, dans un temps donné. dans le groupe si je donne un papier avec une face coude, et l’autre genou, l’équipe devra se débrouiller, pour faire tenir le bout de papier entre le coup de d’un joueur et le genou d’un autre. J’ai déjà réalisé ce jeu en colo, et les jeunes avaient énormément appréciés, je me dis qu’ils ne peuvent pas être si différents les uns des autres.

Jeudi sera une petite journée pour moi, je serai donc en forme pour l’intervention, et puis ce que V. impose saisie des sans prendre en compte ni notre avis ni l’avis des jeunes, que M. ne semble pas en capacité de proposer les choses, je me dis qu’il faut que je trouve la force, et le courage de proposer au moins l’une des deux activités. Si je le fais, même si j’échoue, je ne pourrais le regretter, parce que je pourrais toujours en retirer quelque chose.  Si je ne le fais pas, je réagis d’une manière pire encore que V., en réalisant mon travail rien que pour l’argent, sans prendre des risques, sans sortir de ma zone de confort, pour pénétrer dans leur monde à eux !

C’est comme un défi que je me lance, si j’avais tant d’aisance avec le public en général cet été, je peux très bien trouver ma place au sein de ces groupes, et les ouvrir à autre chose, même s’ils y sont réticents pour l’instant.

Cette intervention reste la pire depuis le début, la plus complexe, dans le sens où je me suis senti comme dans une impasse. Mais plus la situation est difficile, plus j’ai envie de me battre, pour eux, pour le dispositif, pour les projets… Je savais que ça ne serait pas simple, j’en ai la preuve ce soir, mais en y réfléchissant, je me dis que la situation de ce soir, n’atteint toujours pas les a priori négatif que j’avais à propos de ce public …disons que la marge est encore grande et que je compte bien intervenir avant qu’ils ne la franchissent.

 

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